2105, Mémoire Interdite – Anouk Filippini

Deuxième lecture dans le cadre du Prix Collégiens des Imaginales 2021, 2105 est une dystopie mettant en scène So, jeune ado appartenant à la caste des Vulnérables. Les Vulnérables sont des êtres humains ordinaires, qui, contrairement aux Lastings, n’ont pas reçu un sérum leur permettant de vivre 400 ans. Tous les ans, un grand concours, le Slamb, est organisé pour permettre à un Vulnérable de recevoir le sérum et de devenir Lasting. So participe au Slamb, poussée par sa meilleure amie Briss, une Lasting.
Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu et So va découvrir qu’elle possède en elle un pouvoir fantastique: la mémoire de son ancêtre Mina, qui avait 15 ans en 2015.

J’ai beaucoup apprécié l’univers créé par Anouk Filippini, qui m’a rappelé à la fois Hunger Games et Les Fils de l’Homme. Les rebelles rencontrés par So, les références aux attentats de 2015 contre Charlie Hebdo et à la lutte écolo contre l’inaction des gouvernements face aux changements climatiques… ont touché mon côté militant.
L’intrigue simple et efficace peut permettre aux ados de comprendre que militer, se battre pour défendre ses idées, prend plusieurs formes et a des conséquences sur le long terme.
Le personnage de So, ado typique au début du roman, évolue en jeune femme déterminée et engagée, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Je suis juste un peu déçue par la fin qui me semble un peu rapide après 500 pages de développement de l’intrigue. Je n’aurais pas été contre une centaine de pages en plus!

Glacé – Bernard Minier

Dans une vallée isolée des Pyrénées, un cheval décapité est retrouvé pendu au sommet d’un téléphérique. Le commandant Servaz est appelé de Toulouse pour enquêter sur cette affaire.
Parallèlement, Diane, une psychologue suisse, arrive à son nouveau poste à l’Institut Wargnier, mi-prison mi-hôpital psychiatrique qui héberge les détenus les plus dangereux d’Europe.
L’enquête de Servaz va naturellement le conduire à l’Institut, car l’ADN du détenu le plus dangereux est retrouvé sur la scène du crime. Comment est-ce possible?

J’ai lu très vite ce polar sombre et, il faut le dire, addictif. Ce n’est pas spécialement mon genre préféré, mais j’aime en lire de temps en temps et celui-ci est plutôt efficace au début. L’intrigue est en effet bien ficelée, même si elle est très tordue et parfois capillotractée.
Le cadre est plutôt bien choisi et bien décrit, même si à titre personnel, j’ai du mal à voir la montagne comme un environnement menaçant et oppressant.
En revanche, j’ai moins apprécié le traitement des personnages féminins, qui reste caricatural. Une lesbienne qui « conduit comme un homme », une Sino-Marocaine « moche » (!!!), une infirmière en chef type matronne aux multiples amants, une femme enceinte hyper séduisante et séductrice…Tout cela manque de profondeur et devient carrément offensant par moments.
Le personnage de Diane, qui semblait être au début LE personnage féminin du roman, ne devient au final qu’un pion de plus pour faire avancer l’intrigue.
Servaz est un flic bien singulier — il a peur de tout, il a le vertige, il n’aime pas les armes ni la vitesse…

Je n’ai donc pas forcément beaucoup apprécié les personnages, et la fin du roman où sont passées en revue les destinées des différents personnages m’a laissée de glace — eh eh. Oh et on parle de l’adjoint qui est en fait bisexuel et qui s’en fiche donc complètement que sa femme – enceinte – soit amoureuse de Servaz?

En somme, j’ai passé un assez bon moment mais Glacé n’est définitivement pas mon polar préféré et je ne pense pas lire d’autres romans de Bernard Minier.

L’Anomalie – Hervé Le Tellier

Après une tempête particulièrement violente, un avion se pose deux fois, une fois en mars et une fois en juin. Les mêmes passagers débarquent deux fois. Que faire de ces « doubles »?

Le pitch avait tout pour me plaire. Un roman de science-fiction qui a gagné le Goncourt?! Chouette!
Je me suis donc lancée sans appréhension dans ce récit.

La première partie, assez longue, présente quelques-uns des passagers de l’avion. Au milieu du livre, le récit s’arrête sur les évènements précis et présente les théories principales sur ce qui aurait pu se passer. En deuxième partie, les personnages rencontrent leurs doubles.
Et puis… et puis rien. Chaque couple de doubles s’accommode différemment de cette situation – les uns en prenant de nouvelles identités, les autres en se partageant leur enfant comme s’il était en garde alternée. Un des doubles n’a plus son original puisqu’il s’était suicidé entre temps. Mais foncièrement, il n’y a pas vraiment d’intrigue dans L’Anomalie.

Moi qui suis habituée à lire de la science fiction, j’attendais des explications plus convaincantes, d’une part, et une vraie résolution de l’intrigue, d’autre part. Il y aurait eu tant de choses à faire avec ces doubles!

De plus je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages qui sont tous assez caricaturalement « parisiens ». Une avocate, un architecte, un artiste… ils ne viennent pas tous de Paris mais n’ont pas vraiment l’étoffe des héros ordinaires non plus. Leurs histoires ne m’ont pas touchée.

Au final j’ai trouvé que L’Anomalie était une curiosité littéraire (ce à quoi on pouvait s’attendre de la part d’un membre de l’Oulipo) mais une déception pour moi qui m’attendait à tellement plus.

Je vais essayer d’imaginer que Stephen King a écrit le livre — je suis sûre qu’il aurait fait tellement plus de choses avec cette belle idée!

David Copperfield – Charles Dickens

Le jeune David Copperfield, orphelin de père, vit une enfance heureuse avec sa mère et une domestique, Peggotty, jusqu’au jour où sa mère décide de se remarier avec l’horrible M. Murdstone. Ce dernier et sa soeur – qui vient s’installer dans la maison des Copperfield – font vivre un enfer au jeune David.

C’est ainsi que débute le roman David Copperfield. On suit les grandes étapes de la vie de David, de sa petite enfance jusqu’à sa maturité. Les évènements tragiques et heureux se succèdent et s’entremêlent, les personnages émouvants et comiques vont et viennent, et on assiste à la vie de David comme si on suivait une série télé.

J’ai adoré ce roman victorien car il m’a semblé tellement plus passionnant que certains romans victoriens que j’ai dû lire pendant mes études d’anglais. Les personnages sont extrêmement bien cernés: de Peggotty et Betsey Trotwood – les deux figures maternelles de David – à M. Peggotty (le frère de Peggotty) en passant par les amis de David, sans oublier les « méchants » de l’histoire. J’ai particulièrement aimé les personnages féminins qui ne sont pas des stéréotypes. J’ai vu les évènements de la vie de David comme si j’étais une amie, un témoin vivant de toutes ces péripéties. Je me suis vraiment immergée dans l’histoire, riant aux éclats (car oui, Dickens est drôle) ou versant quelques larmes.

J’ai beaucoup comparé David Copperfield aux Misérables tant certains thèmes et certains personnages me semblaient similaires. En effet Dickens avait, autant que Hugo, l’ambition de mettre en avant les conditions de vie des plus pauvres.
Le personnage de Uriah Heep m’a beaucoup fait penser aux Thénardier car, comme eux, il est sournois et sans foi ni loi, n’hésitant pas à arnaquer M. Wickfield pour se constituer. Et on ne peut bien sûr s’empêcher de penser au jeune David comme une sorte de Cosette anglais.

Je relirai avec plaisir ce pavé d’environ 900 pages. Je dois avouer que l’édition Penguin Classics est particulièrement confortable, avec sa couverture rigide et ses feuillets fin qui s’étalent bien de part et d’autre de la tranche!

[Lectures 2021 #1] L’Europe Réensauvagée, de Gilbert Cochet et Béatrice Kremer-Cochet

Ma première lecture de l’année est résolument optimiste. Après Ré-ensauvageons la France, paru en 2018, le couple de naturalistes Gilbert et Béatrice Cochet réalise ici un portrait de l’Europe sauvage.
On ne parle pas de délinquance ici (coucou Darmanin) mais bien de nature, de faune et de flore. En effet, de nombreuses voix s’élèvent de nos jours pour défendre le réensauvagement, c’est-à-dire le retour à une biodiversité riche et sauvage, via la réintroduction de certaines espèces disparues. Cela permettrait de revenir à une nature riche et abondante et de revenir quelque peu sur les dégâts causés par les hommes.
Car on apprend dans ce livre que la nature est extrêmement résiliente et qu’il suffit que l’homme lui donne un coup de pouce par ci par là pour qu’elle prenne le relai. Je peux citer l’exemple du bouquetin, qui avait presque disparu en Europe et qui est maintenant une des espèces les plus répandues.
L’ouvrage fait le tour des divers milieux d’Europe: montagne, forêt, mer, campagne, toundra… Pour chaque milieu quelques exemples d’espèces remarquables soit car elles ont fait l’objet d’une réintroduction réussie, soit parce qu’elle sont essentielles à leur milieu. On parle alors d’espèce « clé de voûte », dont un exemple est le castor: sa présence est essentielle à la survie de son milieu.
Mon exemple favori est bien sûr le bison, qui survit en Europe de l’Est et a été réintroduit un peu plus près de nos frontières récemment. L’Europe de l’Est et notamment le massif des Carpates est cité dans ce livre comme un endroit remarquable pour la richesse de son écosystème.

J’ai adoré lire ce livre pour son point de vue extrêmement optimiste et tous les exemples de réintroduction réussies. Il m’a donné envie de voyager dans toute l’Europe pour voir cette nature abondante et sauvage, mais aussi d’encourager le réensauvagement à travers des associations comme l’ASPAS, qui achète des terrains pour en faire des réserves de vie sauvage.
Je regrette simplement que la place de l’homme et ses cultures ne soient pas plus traitées. En effet le livre passe sous silence le poids des traditions qui ont causé la disparition de nombres d’espèces (chasse à la baleine, etc). Or on ne pourra pas réensauvager l’Europe sans parler de ces sujets qui fâchent!

Petit Guerrier pour la Paix: les luttes amérindiennes racontées à la jeunesse (et à tous les curieux) – Hélène Ferrarini et Alexis Tiouka

Je m’intéresse depuis très longtemps à l’histoire et à la culture des Indiens d’Amérique (les autochtones des USA). Pour mon premier voyage en Guyane en février 2020, il était naturel que je m’intéresse aussi à l’histoire et à la culture des amérindiens de Guyane, dont je ne savais pas grand-chose.
De passage à la superbe librairie Cas’àbulles à Cayenne, et après une bonne heure dans les rayons, je suis ressortie avec ce livre:

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Il me paraissait important de lire en priorité le point de vue des autochtones. En effet, de nombreux livres sur les amérindiens se présentaient à moi, mais beaucoup ont été écrits par des blancs. Celui-ci m’a tapé dans l’oeil car il s’agissait d’une longue interview d’un leader amérindien, Alexis Tiouka.

Je me suis donc plongée dans la lecture de cet ouvrage dès mon retour de Guyane. Et j’ai pris une vraie claque.
J’ai pris conscience que tout ce qui m’écoeurait dans l’histoire des USA – le massacre des indiens, le déni de leur culture, l’assimilation … – tout ça, la France l’avait aussi fait aux amérindiens. C’est bête mais je ne le savais pas. Ou je l’ai su et je l’ai oublié. Parce que la place de la colonisation est toute petite dans les programmes d’histoire-géo. Parce que la place de l’histoire de la Guyane est inexistante dans l’enseignement de la colonisation en métropole. Parce qu’en tant que blanche métropolitaine je n’ai tout simplement jamais eu à me poser la question de la vie des amérindiens, nos concitoyens d’outre Atlantique.

Ce livre est passionnant et essentiel. Passionnant parce qu’il permet un rapide tour d’horizon de la vie des différents peuples amérindiens de Guyane – ils sont 6 en tout. Essentiel parce qu’il aborde l’histoire des luttes amérindiennes pour la reconnaissance de leur souveraineté et de leur droit à disposer d’eux-mêmes. On y lit comment la France a cherché à assimiler les amérindiens, notamment à travers les homes dans lesquels étaient envoyés les enfants indiens pour y être scolarisés (dans des écoles catholiques, bien entendu). On y découvre une revendication essentielle des amérindiens: celui du droit à la terre. Les amérindiens ne reconnaissent pas la propriété privée. Or l’Etat français ne reconnait pas qu’on puisse vivre sur une terre sans en être propriétaire. L’Etat français nie la culture amérindienne dans ses fondements.
On trouve, retranscrit en entier à la fin du livre, la prise de parole de Félix Tiouka datée du 9 décembre 1984 devant des représentants des autorités françaises. Cette prise de parole est un des fondements de la lutte amérindienne: Félix Tiouka y revendique le droit des amérindiens à disposer d’eux-mêmes. Lire ce discours est à mes yeux essentiel pour comprendre cette question.

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Prise de parole de Félix Tiouka – décembre 1984

Petit Guerrier pour la Paix constitue selon moi un très bon point d’entrée pour comprendre la place du peuple amérindien en Guyane et en France. Ecrit pour le jeune public, il convient aussi parfaitement aux adultes qui abordent le sujet pour la première fois. Je le recommande vivement et m’en vais de ce pas chercher d’autres lectures sur le sujet de la colonisation et de la décolonisation française!

De l’importance de connaître ses élèves

Depuis le début de l’année scolaire, le courant ne passait pas vraiment avec mes 4èmes. Sans arriver à mettre le doigt sur une raison en particulier, je pense que le fait que je sois nouvelle y est pour quelque chose. C’est un petit collège, au bout de trois ans, les élèves y connaissent presque tous les profs, alors voir débarquer une nouvelle tête, je peux comprendre que ça peut faire drôle.

On ne se comprenait pas vraiment, eux et moi. J’étais frustrée par leur manque de travail et d’attention, je les trouvais sympathiques mais je n’avais pas vraiment de « connexion » avec eux.

C’est important, de se sentir connecté avec ses élèves. Avoir l’adhésion de mes élèves me fait toujours me sentir portée par eux, et mes cours en sont meilleurs. Quand au contraire, le feeling ne passe pas, c’est difficile pour mes élèves de me suivre.

Je ne pense pas être pour autant quelqu’un de froid, de tyrannique, ou de déconnectée des réalités. J’ai toujours eu dans l’ensemble des rapports polis et sympathiques avec mes élèves. Mais jusqu’à maintenant, avec mes 4ème, il me manquait « le petit truc ».

Et puis j’ai eu l’occasion de les voir danser. Ils se produisaient au collège dans le cadre d’un EPI, et j’ai emmené mes 6ème les voir.
J’ai apprécié de voir dans un autre cadre ces élèves sympathiques mais bavards et parfois apathiques en classe. Debout, mouvants, habités (pour certains) par leur art: j’ai complètement changé de regard sur eux.
La jeune élève paumée qui se laisse dépasser par ses difficultés et n’est jamais totalement présente en classe: elle était là, elle dansait, elle était concentrée et avec les autres.
Les deux grands dadais qui passent leur temps à glousser et à raconter leur vie: ils étaient concentrés, il se taisaient et ils faisaient du mieux qu’ils pouvaient avec leurs grands corps.
L’élève bavarde, qui ne lève jamais la main, est ouvertement fainéante et souvent hors-sujet: elle s’est révélée être une excellente danseuse (elle fait de la danse en dehors de l’école) et a été la vedette de la chorégraphie.

Je suis sortie de ces représentations enthousiasmée et reboostée plus que jamais: j’avais réussi à faire un pas de côté, à considérer mes élèves dans leur ensemble et à les voir dans un autre contexte. Je me suis rappelée qu’ils étaient des ados et que, si certains se comportaient mal ou ne travaillaient pas dans mon cours, ils étaient investis dans d’autres matières et d’autres projets. Et je me dois, en tant que prof, de prendre en compte l’élève dans son ensemble. Je me dois de me réjouir s’il réussit ailleurs que dans ma matière. Je me dois de faire ça, et je peux maintenant m’appuyer sur ce que j’ai vu de ces élèves pour les porter plus haut, les emmener plus loin avec moi.

Quand j’ai eu mes 4ème en classe cet après-midi là, je les ai félicités et remerciés pour le spectacle, et je leur ai dit combien j’avais été ravie de les voir dans cet autre contexte. Et à l’instant où j’ai dit ça, ou peut-être même était-ce à l’instant où ils m’ont vu dans le public de la matinée, leur regard sur moi a changé également. Certains m’ont remerciés d’être venus. Tous sont, je pense, contents de voir que je m’intéresse à eux en tant que personnes et pas seulement en tant qu’élèves.
Jusqu’à maintenant, j’avais d’ailleurs essayé de le leur prouver par bien des manières.

Mais il a suffi que je m’assoie et que je les regarde faire pour qu’ils le comprennent.
C’est tellement simple, tellement rien, que j’invite tous les profs à s’intéresser à leurs élèves en tant qu’adolescents.

Lectures 2018

2018 aura été une très bonne année de lecture pour moi. Forcément, comme je n’ai pas travaillé les 9 premiers mois de l’année, j’ai eu du temps libre! J’ai adoré passer autant de temps à me perdre dans toutes ces histoires, et c’est vraiment le seul aspect de mon arrêt de travail qui me manque.

(Quoi? Ca ne me manque pas d’être confinée à la maison pendant que les gens vivent leur vie? Ca ne me manque pas de devoir réapprendre à marcher? Etonnant!)

J’ai donc forcément surpassé mon « objectif » de lecture pour l’année 2018. Je m’étais fixé un objectif de 20 livres, j’en ai lu 27. Ouais, je suis une fille qui se fixe des objectifs de lecture. M’enfin bon, pour 2019 je ne vais pas me fixer un nombre de livres, mais plutôt me donner des challenges visant à lire plus au quotidien.
Depuis que j’ai repris le travail, je suis épuisée le soir (sans exagérer). Du coup, je m’endors après à peine 5 pages dans mon lit, ce qui est non seulement ridicule (vu qu’il est généralement 21h30 quand je m’endors) mais aussi incroyablement frustrant.
Je voudrais donc changer mes habitudes de lecture et lire avant d’être fatiguée. Ca implique de passer moins de temps à glander sur les réseaux sociaux quand je rentre du boulot, et à plutôt lire quelques pages.

En attendant de créer ces toutes nouvelles habitudes, voici ce qui est ressorti de mes lectures cette année.

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J’ai découvert la fantasy avec la fantastique Robin Hobb. J’ai dévoré les trilogies de l’Assassin Royal et des Aventuriers de la Mer. Elles se déroulent dans le même (vaste) monde mais avec des personnages différents. Il y a des dragons, il y a de la magie, il y a des loups, et il y a surtout des personnages incroyables et une plume…Je ne saurais quel adjectif utiliser pour qualifier la plume de Robin Hobb, mais sachez que je n’en ai pas perdu une miette et que j’y suis rentrée immédiatement alors que je n’avais jamais lu de fantasy jusqu’à maintenant!
Je me réjouis d’avance de continuer à explorer cet univers. J’ai reçu la trilogie suivante pour Noël, le deuxième cycle de l’Assassin Royal, que je vais m’empresser de dévorer dès la fin du Cold Winter Challenge.

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J’ai adoré, mille ans après tout le monde, Petit Pays de Gaël Faye. J’ai aimé découvrir l’Afrique, que je méconnais, à travers les yeux de cet auteur qui y a grandi et qui signe un récit initiatique à la fois doux et amer. C’est l’histoire d’un enfant qui perd son innocence quand arrive la guerre. Je vous le recommande chaudement si vous ne l’avez pas déjà lu!

J’ai découvert l’univers loufoque et irrésistible de John Irving, à travers son grand succès Le Monde Selon Garp et une autre de ses oeuvres, L’Oeuvre de Dieu, la Part du Diable. Des personnages ordinaires et attachants, des situation incroyables, une plume originale…Je crois bien que je vais poursuivre ma découverte de la planète Irving en 2019!

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J’ai été très déçue par Hippie, de Paulo Coelho, et La Tresse, de Laëtitia Colombani. Deux oeuvres largement surestimées par la critique à mon goût, deux lectures décevantes pour des récits bâclés et très…bateau. J’ai bien sûr poursuivi ma découverte de l’oeuvre de Stephen King. Un petit King de temps en temps, c’est retrouver un univers et un style familier, et ça fait toujours plaisir malgré la qualité inégale de l’oeuvre. J’ai aimé le recueil de nouvelles Brume ainsi que Sleeping Beauties (roman écrit avec son fils), mais j’ai un avis assez mitigé sur Running Man.

Et en 2019?
A priori, du Robin Hobb, du Stephen King (j’ai Shining et Salem en attente), mais aussi quelques classiques français qui manquent à ma culture de pseudo-littéraire (j’ai fait bac L mais j’ai toujours été plus passionnée par les langues et l’histoire que par l’étude de textes).
A part ça, je laisse le champ libre à d’autres découvertes au gré de mes envies! J’ai très envie d’aller aux Imaginales, un salon de lecture à Epinal, ainsi qu’au Salon du Livre à Paris, et je ne manquerais pas d’aller faire un tour au Livre à Metz. Ces trois évènements donneront sûrement lieu à quelques achats compulsifs!

Petit point *consommation responsable*
Je disais dans le précédent article que je souhaitais avoir une consommation plus responsable en 2019. J’ai déjà fait des efforts dans ma consommation de livres cette année, et je souhaite les poursuivre.
Ainsi, je me suis retenue de racheter en anglais des livres que je possédais déjà en français (à savoir la trilogie A la Croisée des Mondes de Philip Pullman, que je viens de finir de relire). J’ai aussi fait quelques virées chez Emmaus et dans d’autres magasins d’occasion. J’ai d’ailleurs trouvé trois classiques dans une librairie de seconde main.
J’ai vendu quelques livres sur l’application Momox, ce qui m’a permis de faire un peu de tri dans ma bibliothèque.
Et bien sûr j’ai continué à réfréner quelque peu mes envies d’achats, en me forçant à terminer tous mes nouveaux livres avant d’en racheter.

Bilan 2018

Je ressuscite le blog après une longue période pour effectuer un petit bilan de l’année 2018. Bien sûr, cette année aura été riche en émotions grâce à ma cheville, qui aura occupé le plus clair de mon énergie et de mon temps, mais pas que!
Voici un petit topo très incomplet sur ce qui s’est passé dans ma vie cette année.

Ma cheville
Ne vous réjouissez pas trop vite les gars, je ne gambade toujours pas gaiement. Je fais toujours de la kinésithérapie assidûment. Ca me fait du bien. Je peux marcher sans me fatiguer pendant une journée entière (j’ai repris le boulot). Ca ne veut pas dire que je marche très bien, je boîte encore d’ailleurs. Mais j’ai désormais des semelles orthopédiques pour corriger mes défauts de marche. Je dois faire un grand tri dans mes chaussures et ne garder que celles qui maintiennent bien la cheville. Je me suis fait retirer les broches et vis juste avant les vacances. Les agrafes qui referment ma plaie doivent être retirées d’ici quelques jours pour que je puisse reprendre le chemin du travail. Parmi mes résolutions pour 2019, figure la reprise d’une activité sportive. Natation, marche ou autre, il faut que je me remette à bouger pour solliciter ma cheville doucement mais solidement. Y a rien de pire que le piétinement que je fais tous les jours au boulot; malheureusement j’y suis obligée, même en réduisant mes déplacements à fond.
En bref, ça suit son cours. Oui c’est long. Oui, j’ai encore des séquelles. Mais je mesure plus que jamais le chemin parcouru. En sortant de mon opération de retrait du matériel, j’ai du utiliser mes béquilles quelques heures et je peux vous dire que ce retour en arrière m’a fait prendre conscience de tous mes progrès. Je ne perds absolument pas espoir et je continue à me dire que je progresse tous les jours!

Le boulot
J’ai repris en septembre, en poste fixe. Ironie de l’histoire, je travaille désormais dans un collège pas très loin de mes racines familiales. Un endroit familier donc, un petit établissement fort sympathique où je fais mon trou. Les élèves sont choupis, les collègues très sympas, les conditions d’exercice sont ma foi plutôt bonnes. Je m’y plais bien!
Comme je le disais, piétiner à longueur de temps est sans doute le pire traitement que je puisse infliger à ma cheville. Je suis donc contente d’avoir ma propre salle et suffisamment d’équipement technique pour ne pas avoir à passer ma vie debout au tableau (merci le vidéo-projecteur et le pointeur).
Je peux enfin me projeter et envisager des projets à moyen et long termes (voyages, club…). Je peux me poser et vraiment travailler mes cours, sachant que je vais avoir les élèves sur plusieurs années et travailler avec le même bouquin d’année en année (ou pas).

Et pour 2019?
J’ai lu plus que de raison cette année et malheureusement, depuis la rentrée je n’arrive plus à lire autant. Je m’endors en 5 minutes dès que je suis dans mon lit. Mon objectif 2019 est donc de redonner de la place à la lecture dans mon quotidien.
Je n’ai pas beaucoup voyagé en 2018 et je vais vraiment me rattraper l’année prochaine car un voyage au Canada est prévu! Je suis en pleine réflexion sur l’itinéraire.
Je voudrais également reprendre l’espagnol un peu plus sérieusement, car j’ai la chance d’avoir une collègue hispanophone avec qui je peux m’entraîner.
Enfin, j’aimerais donner plus de sens à ma vie quotidienne sur le plan de la consommation, de l’alimentation et des déchets. Consommer moins et mieux, manger mieux, et ne plus jeter autant. Ce sera mon grand chantier!

Bilan d’étape, 150 jours après mon accident

Oui, je compte les jours sur une application (on se moque pas!). Au départ c’était juste un compte à rebours jusqu’à ce qu’on m’enlève le plâtre, et puis j’ai décidé de continuer à cliquer pour compter exactement combien de jours durerait ma guérison. On s’occupe comme on peut!

Aujourd’hui marque donc le 150ème jour depuis mon accident et j’ai décidé de donner des nouvelles par ici, à la fois pour mes proches, pour les moins proches qui seraient curieux, et pour les éventuels paumés qui tomberaient là-dessus après avoir tapé « fracture de l’astragale » sur Google 🙂

Ma cheville

Ma cheville va bien. Je suis autorisée à poser tout mon poids dessus, la seule limite étant ma douleur. Vu que la douleur est présente à des intensités différentes mais à peu près à chaque fois que je sollicite ma jambe, on va dire que je ne m’arrête pas à un simple « aïe ».

J’apprends à marcher avec une seule béquille. C’est une étape un peu critique, car si je suis pressée de pouvoir me passer définitivement d’une béquille (et à terme, des deux béquilles, bien sûr), je dois néanmoins marcher correctement, pour éviter de compenser mon manque de stabilité/de force en sur-sollicitant une autre partie de mon corps. En l’occurence, si je ne fais pas un pas correct, c’est la jambe gauche et la hanche qui trinquent. Je dois m’efforcer de marcher en me tenant droite, avec les deux pieds raisonnablement rapprochés, et en faisant bien passer mon pied gauche devant mon pied droit. Oui, ça a l’air con comme ça quand je vous explique comment ça marche, la marche, mais j’en suis vraiment à décomposer mes mouvements!
La bataille est également grandement psychologique (oui, je pense beaucoup … donc je suis peut-être beaucoup? oui j’ai fait L je suis forte en philo), puisqu’il faut passer outre la douleur et oublier tout ce qu’on m’a dit les trois premiers mois de ma convalescence. Il faut réussir à se persuader que ma jambe droite est anatomiquement aussi en forme que la gauche. Je m’amuse à dire que parfois je fais des refus d’obstacle, comme un cheval. Mon corps veut y aller mais ma tête me dit « attends meuf, vas-y doucement ». J’essaie aussi d’arrêter de trop penser et juste d’y aller, mais bon, j’ai parfois l’impression d’être de retour en cours d’EPS quand tout le monde se mouvait gracieusement et facilement autour de moi et que moi je n’y arrivais pas, peu importe le nombre de fois où le prof décomposait la manoeuvre pour moi. Comme ce jour maudit où je n’arrivais pas à comprendre la mécanique du service en badminton. Ou comme en cours de maths (mais là, heureusement, j’étais pas la seule à rien piger). En 5ème, en soutien, j’avais terminé en larmes parce que j’arrivais pas à faire un cercle inscrit (genre je me souviens tout à fait de ce qu’est un cercle inscrit et à quoi ça sert).
Je suis quelqu’un qui ressent le besoin qu’on m’explique les choses, le besoin de comprendre comment les choses marchent, mais qui, paradoxalement, se bloque si on m’explique trop les choses. Analyser les choses me fait à la fois du bien et du mal. Il faut donc que j’arrive à marcher sans trop penser à ce que je fais pour que ça soit bien fait, tout en étant quand même à l’affût de la moindre erreur pour pouvoir la corriger.
C’est moi qui me fais des noeuds dans le cerveau ou quoi?!

J’arrête de m’épancher sur mon moi, mon surmoi, mon subconscient et mon inconscient et j’en reviens à des sujets plus terre à terre…
Je suis globalement plus à l’aise avec ma cheville. Je peux monter les escaliers sans problème, et je recommence à conduire depuis peu. J’arrive de mieux en mieux à répartir le poids de mon corps sur mes deux jambes quand je suis debout, après des mois à me reposer entièrement sur ma jambe gauche, qui a pris par conséquent les dimensions d’un petit jambonneau.
Tout cela me permet d’être petit à petit plus autonome, même si je suis encore loin de pouvoir gambader en forêt!

Le boulot

La dernière fois que j’ai un peu râlé sur les réseaux sociaux, c’était pour dire que le rectorat n’avait toujours pas classé mon accident du travail, 100 jours après les faits. C’est désormais chose faite. J’ai été assez surprise de la réactivité du rectorat une fois le rendez-vous avec le médecin-conseil passé. J’ai reçu la décision du rectorat (qui classe mon accident comme accident de trajet) dans la foulée, et les différents intervenants médicaux auraient apparemment été payés rapidement. Merci le rectorat! Maintenant j’attends juste de recevoir l’autre moitié de ma paie de janvier, et le petit papier qui me demande de reprendre rendez-vous avec le médecin-conseil.

Oui parce que même si le médecin-conseil m’a dit lui-même qu’on se reverra dans trois mois, je dois attendre de recevoir un papier du rectorat qui me dit « ça y est, vous pouvez prendre rendez-vous maintenant »! (y a pas que moi qui me fais des noeuds dans le cerveau tout compte fait)
Le médecin a donc décidé de me revoir d’ici trois mois, c’est-à-dire en mai. Pas de reprise d’ici là.
En prime, le rectorat a décidé de nommer mon remplaçant sur mon poste jusqu’à la fin de l’année (je remplaçais déjà quelqu’un sur ce poste). Si je reprends avant la fin de l’année, je ne sais donc pas où j’irai. Autant dire que mon envie de reprendre est désormais très basse. Pas que je sois une feignante, m’enfin, reprendre au mois de mai sur un nouveau poste, c’est pas l’idéal. Mais si je dois le faire, je le ferai #hussardnoirdelarépublique !

Et comment je m’occupe? Ca va les journées sont pas trop longues?

Ben ma foi ça dépend des jours. J’essaie de m’occuper de ma cheville assez régulièrement, donc même si je n’ai pas kiné tous les jours, j’essaie de faire de petits exercices de rééducation seule.

J’ai terminé Gilmore Girls, j’ai beaucoup aimé cette série. J’ai commencé un nouveau marathon Friends, je ne sais pas si j’ai déjà revu la série en entier, mais en tout cas, on ne s’en lasse pas. Après ça, je me ferais sûrement un marathon Lost. Pour le coup je suis sûre de n’avoir jamais revu la série en entier depuis la fin de sa diffusion, et pourtant c’est probablement ma série préférée.

Je lis un peu moins en ce moment. Toujours dans la science fiction/fantasy/fantastique, je finis un recueil de nouvelles de Stephen King (oui, encore lui). J’ai lu également la BD de Marion Montaigne sur Thomas Pesquet, Dans la Combi de Thomas Pesquet, qui est très drôle.
Voilà pour le petit bilan d’étape! Toute cette affaire avance doucement, mais elle avance!