Jour 4

En ce vendredi, le programme est chargé.
On me fait ma dernière perfusion d’antibios, au cours de laquelle j’apprends que j’ai de très petites veines. L’infirmière a choisi des instruments utilisés pour les bébés pour me piquer, c’est dire! Pourtant, mes os et mon speck (pour les quelques lecteurs non-lorrains égarés, speck = graisse), eux, sont bien taille adulte!

Ensuite, on me change le pansement et on m’enlève le redon, ce drain qui recueillait le sang issu de ma blessure depuis mardi. Au revoir copain, ça va pas me manquer de penser à t’accrocher à mon déambulateur à chaque aller-retour aux toilettes. Je peux apercevoir ma cicatrice, ha ouais quand même! Pas petite, la blessure. Le médecin précise qu’il n’a ouvert que 2 ou 3 centimètres en plus pour pouvoir m’opérer.

On m’emmène ensuite pour poser ma résine. Un petit bout de femme s’occupe absolument toute seule de moi, calant mon pied sur son épaule pour enrouler les bandages autour de mon mollet, et me remerciant de l’avoir aidée avant de me laisser partir! Quelques consignes de base me sont données: ne pas conduire (j’en avais pas franchement l’intention en fait), ne pas mouiller ma résine (non plus), toujours surélever la jambe blessée.

De retour à ma chambre, ma mère arrive avec de vrais vêtements, que je m’empresse de passer en attendant l’ambulance qui me ramène chez mes parents.

Les ambulanciers arrivent, un duo qui pourrait presque être 21 Pilots (le groupe de musique): un petit tatoué et un grand rasé. Ils me ramènent dans la campagne où j’ai grandi, sur fond de Bruno Mars et des missions les plus marquantes du tatoué, dont un accouchement en ambulance.

J’arrive au village, le comité d’accueil est restreint. Je m’installe dans le sacro-saint fauteuil de mon père (oh le privilège de folie), je regarde autour de moi: je suis rentrée de l’hôpital.

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Jour 3

Après une nuit bien plus reposante que la dernière, on me propose ce matin le Saint Graal de tout patient hospitalisé: LA DOUCHE!
Je boitille avec mon déambulateur vers la salle de bains et me délecte de la sensation de l’eau qui coule sur mes cheveux (gras). La délectation est de courte durée, car en fait, prendre sa douche assis, c’est pas forcément hyper confort, surtout quand en même temps tu flippes que ton pansement soit mouillé (même si une infirmière avait pris soin d’emballer ma jambe dans un sac poubelle auparavant).
C’est néanmoins ravie (et propre) que je regagne mon lit pour prendre mon petit-déjeuner.

En ce matin du troisième jour je me sens investie d’une mission: retrouver la trace des deux hommes qui m’ont porté secours le jour de mon accident. Je sais qu’ils travaillent à une radio locale. J’appelle le standard de la radio et lance ma bouteille à la mer. Quelques instants plus tard, un homme à la vraie voix de radio (« J’aurais pu l’écouter pendant des heures », me confiera plus tard la secrétaire de mon lycée qui l’a aussi eu au téléphone) me téléphone. C’est bien lui, l’homme à lunettes en qui j’ai placé toute ma confiance pendant que ma jambe pissait le sang. Il m’explique que son collègue, qui avait téléphoné aux secours, est à l’antenne à ce moment-là. C’est un peu classe comme situation ou c’est moi qui fangirle un peu?

Remerciements donnés, je raccroche avec en moi un sentiment de plénitude. Non c’est pas ça. Zénitude? Peut-être. Gratitude, c’est sûr. J’ai remercié mes sauveurs, ils ont eu de mes nouvelles, tout va bien. Il ne me restera plus qu’à retrouver la trace de l’infirmière et j’aurais remercié tous les héros de ce mardi d’octobre. Mon petit coeur d’artichaut et mon imagination s’emballent: ça ferait une super idée de début de scénario américain, cette histoire! Imagine après je suis invitée à la radio pour raconter mon accident, et pis un producteur de musique m’entend et dis « quelle voix! qu’elle chante! » et bam je démarre en trombe une carrière de chanteuse à succès. La nouvelle Patricia Kass. Ou Cindy Sander. Désolée, mes références en matière de chanteuses mosellanes sont un peu dépassées.

Mais trêve de rêverie, deux kinés débarquent pour m’emmener « béquiller »! En salle de kiné, après un rapide point théorique, je me retrouve à sautiller entre deux barres parallèles, puis à faire mes premiers bas en béquilles sous l’oeil bienveillant et attentif de mes deux coaches.
J’en profite ici pour retranscrire la blague in English que le kiné m’a raconté, que son prof d’anglais de 5ème lui avait raconté (comme quoi les élèves mémorisent vraiment n’importe quoi :D) et que je trouve assez drôle:
A ghost enters a bar. He orders whisky. The bartender answers: Sorry, sir, we don’t serve spirits here.

(Je suis sûre qu’avec cette blague j’ai gagné de l’audimat. Enfin du lectorat. C’est cette histoire de radio qui m’embrouille)

De retour dans ma chambre, nouveau passage du médecin qui me montre mes radios. Ha ouais elle a vraiment voulu se barrer, mon astragale! Mais pas si vite ma cocotte, avec les broches qu’on m’a posées, t’as intérêt à rester bien au chaud et à faire ton boulot! Hors de question que je sois rétrogradée aux PA (Parcours Adapté) lors des marches populaires!

L’après-midi s’écoule, les visites passent. Une mini « Mercy session » au ukulélé avec ma coloc, punaise en fait ça me va bien d’essayer de pas chanter trop fort…Comme on l’a trop maîtrisée, Shape of You! Bon, pour City of Stars faudra encore s’entraîner mais on tient quelque chose!
(Non, je ne nous la pète absolument pas)

Et voilà, encore une journée de passée en chambre 56! Demain, c’est la sortie!

Jour 2

J’ai peu dormi, ne trouvant pas de position confortable et étant interrompue régulièrement par les piqûres et poses de perfusion. Les quatre infirmiers de nuit se sont tous retrouvés dans ma chambre à 3h du matin pour regarder la stagiaire me poser ma perf. #fiestachambre56. Je trouve ça drôle et distrayant.

Je me réveille et prend mon petit-déjeuner, puis c’est l’heure de la toilette. Les matinées à l’hôpital, c’est super busy! On m’emmène faire une radio de contrôle. J’apprendrai vite que les gens me posent toujours les mêmes questions, dans le même ordre: « qu’est-ce qu’il vous est arrivé? » « et il s’est arrêté le conducteur au moins? ». Il faut croire que dans la plupart des cas, les gens qui renversent des piétons ou des cyclistes ne s’arrêtent pas. Je fais partie des chanceux.

Mais retour à ma radio: le médecin m’annonce que l’opération s’est bien passée et me montre des copies de la radio avant/après. L’astragale, un os très important du pied, a été énucléé (il a été sorti de son emplacement) sous la violence du choc. J’ai aussi une malléole (la petite boule de chaque côté de la cheville) cassée. On m’a donc posé des broches. Je trouve le médecin moins angoissant qu’hier, il faut dire qu’il était sur le point de faire une opération délicate à ce moment-là. Je le range définitivement dans la même catégorie que tous les autres personnels soignants: bienveillant.

Une kiné arrive pour m’apprendre à me servir du déambulateur. Je peux ENFIN utiliser les toilettes. #joiebonheur #etglamour. Mon père arrive pour me rendre visite, on s’échange les dernières nouvelles, je suis contente de le voir.

Une collègue m’appelle et me raconte qu’une radio locale a appelé au lycée. La secrétaire s’imagine tout de suite refuser de donner le moindre renseignement concernant mon accident #vieprivéebonjour. Mais c’est en fait deux de mes sauveurs du jour 1, l’homme à lunettes et celui qui a appelé les secours, qui appellent pour avoir de mes nouvelles. Ils travaillent à la radio. Je décide de me lancer à leur piste le lendemain.

Une petite sieste et c’est le conducteur qui a causé mon accident qui arrive. Un jeune étudiant. Il se confond en excuses, je lui dit que je ne lui en veux pas.
Le moment est quand même émouvant car je sens qu’autour de moi, les réactions se divisent: il y a le camp des gens qui en veulent à mort à ce type, et celui des gens qui pardonnent et qui passent à autre chose. A ce moment-là je décide de basculer définitivement dans le deuxième camp. A quoi bon poursuivre? Ce refus de priorité, j’aurais pu en être coupable aussi. Ce choc qu’il ressent, j’en serais certainement victime si j’étais à sa place aussi. Les procédures sont déjà suffisamment lourdes après un accident de ce type, je n’aurai pas l’envie ni la force d’entamer des poursuites qui seraient suffisamment longues pour me ramener sans cesse à ce jour d’octobre et à ce pauvre homme qui a juste commis l’erreur d’être humain. C’est moi la victime, c’est lui le fautif mais je ne le juge pas coupable.

Enfin, en fin de journée, trois de mes BFF (best friends forever) et ma mère arrivent. On rit, on fait blague sur blague, on mange, c’est presque la fête en chambre 56. Ca me fait plaisir de me savoir entourée. Les messages, appels, FaceTime continuent d’affluer de toute part. Je fais remarquer à deux amis qui se sont mariés l’année dernière que j’ai l’impression de comprendre ce qu’ils ont ressenti le jour de leur union: l’émotion de sentir tous ses proches autour de soi, solidaires, émus. #parallèlebancalbonjour
Oui, j’ai le sens de l’hyperbole!

Ainsi se termine le jour 2.

 

Jour 1

Mardi 3 octobre, 9h, au lycée. La sonnerie retentit, je libère mes élèves. J’attrape mon sac à dos et mon casque, et je sors chercher mon vélo. J’ai une demi-seconde d’hésitation: « est-ce que j’ai vraiment besoin de mettre mon casque? ». Je le mets quand même et j’enfourche mon vélo, direction la maison.
Je me redis encore que c’est dangereux, le vélo dans ma ville. Je repense à une de mes élèves quand je franchis le cédez-le-passage. C’est pour ça que je n’avais pas mes mains sur les freins comme d’habitude. Ce fameux cédez-le-passage dangereux, que je connais par coeur parce que mon auto-école est juste à côté. Je ne pense pas à surveiller les voitures qui me doivent la priorité. Je m’apprête à rejoindre la piste cyclable à littéralement 3 mètres, quand…
Une voiture me percute sur la droite. J’ai le temps de penser « oh, je tombe ». Je me retrouve par terre, couchée sur le flanc gauche, le vélo encore entre les jambes. Je vois la voiture qui s’est arrêtée. Quelqu’un me retire le vélo d’entre les jambes. Je m’assois. « Oh putain oh putain oh putain » seront mes très élégants premiers mots. Pas de douleur. Du coin de l’oeil, je vois du sang sur la chaussée. Je vois aussi mon pied droit dans un angle pas très naturel par rapport à ma jambe.
Un homme à lunettes, au visage calme et rassurant, arrive. Un autre appelle déjà les secours. Le conducteur arrive dans mon champ de vision. Je me dis qu’il est plus choqué que moi et que c’est vraiment bizarre. L’homme à lunettes me rassure et se met derrière moi pour me tenir le dos. Une femme arrive, elle est infirmière. On me parle, on me pose des questions. Je n’ai pas mal. Je suis lucide et sous le choc. Je parle de mon pantalon, ce pantalon sur lequel tout le monde me complimente. Les pompiers arrivent, me couchent, découpent mon pantalon, emballent ma jambe. M’emmènent à l’hôpital. Je suis encore lucide, je n’ai pas mal. Je n’ai eu le temps de remercier que la gentille infirmière. J’appelle mes parents, qui comme d’habitude ne répondent pas. On en rigole avec le pompier qui est resté avec moi.
J’arrive aux urgences. Les pompiers me transfèrent sur un brancard de l’hôpital et me disent que je peux crier si j’ai mal. Un grognement ridicule s’échappe de ma gorge, ce qui nous fait tous rire. Il y a du drôle dans toutes les situations.
Des élèves infirmiers débarquent pour voir ma blessure pendant qu’on s’occupe de moi. Allez-y, pas de problème, si je peux servir à quelque chose…J’ai le temps de me dire que le jeune élève infirmier pourrait faire partie des Fréro Delavega. J’ai le temps de me dire que je le trouve beau. C’est quand même bizarre le cerveau humain. J’ai une fracture ouverte, je pisse le sang, mais je trouve les gens beaux et je raconte des blagues. Le gentil Fréro me tient la main pendant qu’on m’enlève ma basket. Mais allez-y mon bon jeune homme! Ha tiens, tout ce liquide que je sens sur mon talon c’est mon sang.
Le médecin urgentiste m’annonce qu’il va réduire ma fracture. Ma première pensée: « comme dans les Bronzés? » #moncerveaucecon. Finalement ça fait pas si mal, quand on est bourrée de morphine. « Ha c’est la première fois que je prends de la drogue! Et c’est légal! » #patienterelou.
Je passe des radios. Ce grand monsieur bonhomme me rassure. Comme tous les personnels soignants à qui j’ai eu affaire. #Ilovelhopitalpublic. (Vous me dites si j’utilise trop de hashtag)
On autorise mes parents à me voir. Ca fait quand même plaisir de voir des têtes connues!  Mon père file s’occuper de prévenir le lycée tandis que ma mère reste avec moi. L’attente pour monter au bloc commence à être longue, on s’ennuierait presque tiens. Même avec une fracture ouverte, comme quoi.

Ca y est, je monte au bloc. Anesthésie locale. Le chirurgien apparaît et me dit que c’est sérieux. Mon cerveau malade se dit tout de suite: « amputation ». #tropdimagination. Je stresse. Les anesthésistes et infirmiers, ces héros, me rassurent et me font la conversation. Cette infirmière qui me raconte sa fille qui veut faire prépa au lycée où je bosse, qui me raconte un accident terrible dont elle a été victime (cette femme est formidable d’optimisme et de bienveillance). Cet anesthésiste qui me tapote les joues en mode grand-mère « mais c’est quoi ces larmes?? ». Cet autre infirmier avec qui on parle des frites du Macdo.
Je sens qu’on travaille sur ma jambe, comme si on s’acharnait à m’enlever une chaussure de ski qui ne s’enlève pas. A part ça, je trouve le temps long.

16h30, je sors du bloc et on m’emmène en service ortho. J’ai le droit de manger tout de suite #ilestlàlebonheur. J’allume la télé mais il n’y a que BFM, qui tourne en boucle sur trois news, putain c’est déprimant. Dépouillée de tout, même de mon portable, je trouve le temps bien long jusqu’à l’arrivée de mes parents et de ma super coloc. Les voir me fait tellement plaisir! Je leur raconte ma journée comme s’il ne m’était arrivé que des choses banales. On rit des situations rocambolesques que mon accident a créé #quiproquotéléphonique. Je reçois mon premier repas d’hôpital, ma foi c’est pas si mauvais. Mes proches me quittent à 20h, les textos commencent à affluer grâce à ma coloc qui prévient tous mes amis.

Ainsi se termine mon mardi 3 octobre 2017. Mon #cerveauàlacon ne peut s’empêcher de ne retenir que le positif: ces héros ordinaires qui se sont arrêtés pour s’occuper de moi, le conducteur qui s’est arrêté aussi, les pompiers calmes et drôles, les urgentistes rassurants et prévenants, le personnel du bloc qui fait tout pour moi même mettre de la musique #AliciaKeysforever, le personnel du service ortho qui court partout et qui réussit pourtant à s’occuper de tous avec bienveillance et dignité, mes proches qui sont aux petits soins.

This is the end of the final countdown

Quand tu sais que tu ne resteras pas dans le même établissement l’année suivante, la fin d’une année scolaire est très étrange.

Les élèves partent au compte goutte, un à un. Le gros de la troupe s’en va si tôt les manuels scolaires rendus (c’est-à-dire dès le 20 juin pour un de mes établissements cette année), puis il disparait entre deux et quatre élèves par jour.
Tu n’as pas le temps de leur dire au revoir ni de leur annoncer que tu ne seras pas là l’année suivante, mais bon, tu penses qu’ils s’en fichent pas mal.
Tu es partagée entre l’envie de finir ton programme et celle (YOLO) de passer déjà aux films et autres goûters. Tu te dis que c’est quand même important le prétérit en 5ème, mais en même temps, à quoi bon, puisque tout ce que les élèves veulent faire, c’est être avachi sur leur table et attendre que ça passe.

Tu es trop fatiguée pour réussir à adapter convenablement tes cours à cette lente agonie, cette absence totale d’envie. Comment la susciter, l’envie? La motivation chez ces élèves qui viennent encore au collège uniquement parce que leurs parents le leur ont demandé?

Et puis il y a les mutations, les résultats qui tombent, la déception de ne pas obtenir de poste fixe. Ton esprit est ailleurs mais tu devrais te concentrer sur tes derniers jours dans ces murs. Tu te prends à être soulagée de pouvoir enfin partir, dire au revoir à certaines personnes, ne plus jamais revoir certains élèves. Pour d’autres, c’est la tristesse de ne pouvoir les suivre l’an suivant. Quand tu es vraiment bien tombée, tu n’as pas envie de quitter ton établissement.

Tu es à la fois prête à passer à autre chose et fatiguée de devoir, d’ici deux mois, découvrir un nouvel environnement. Tu veux en finir tout de suite, car tu sais que toutes les cérémonies de fin d’année (conseils d’enseignement, réunions de préparation de la rentrée…) ne te concernent pas. Mais tu t’en veux aussi de partir comme une voleuse.

Toutes ces émotions, mêlées à la fatigue de fin d’année, avec lesquelles je compose depuis deux ans, m’envahiront de nouveau à la fin de l’année scolaire 2017 – 2018!

Prête (il faut bien) pour une troisième année sur les routes!

Une semaine en Irlande

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Notre voiture sur la route de Dingle, County Kerry

Pendant les vacances, je suis partie avec quatre copines en road-trip à travers l’Irlande. Je n’avais visité ce pays qu’à deux reprises: une première fois en 2004 lors d’un voyage scolaire avec mon lycée, et une deuxième fois en 2015 en voyage scolaire avec le collège où j’étais affectée.
C’était donc mon premier voyage en Irlande en tant que « particulière », si j’ose dire.

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Promenade à Glendalough, County Wicklow

Ce voyage m’a enchantée! J’avais déjà adoré le pays lors de mes précédents voyages, mais cette fois-ci, je n’ai qu’une envie: y retourner et explorer encore plus!
L’avantage du road-trip, c’est qu’on peut voir un échantillon d’un peu de tout: la facilité à se déplacer (et la taille du pays) nous a permis de voir des paysages, des villes et des monuments très variés en l’espace d’une semaine.
L’inconvénient du road-trip, et surtout sur une seule semaine, c’est qu’on aurait envie de s’installer à chaque étape: passer deux, trois jours dans chaque coin visité pour voir davantage…

Ainsi, j’ai adoré la péninsule de Dingle et je me verrais bien y faire de la randonnée…

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Je n’ai pas beaucoup de photos de la péninsule car c’est moi qui roulais…

La petite ville de Killarney m’a beaucoup plu et je veux absolument y retourner pour me rendre au pub « The Shire », apparemment consacré au SDA…

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Black Sheep Hostel, notre auberge à Killarney (County Kerry)

Je voudrais bien me perdre sur les petits routes sinueuses du conté de Clare…

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Au détour d’un virage…des vaches! County Clare

Et surtout, SURTOUT, je donnerais n’importe quoi pour regoûter à mes nouveaux amours: le brown soda bread et l’Irish Stew! 😀

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Premier jour, premier (et meilleur) Lamb Stew à Corofin, Country Clare

Apprendre une deuxième langue – l’espagnol

Quand j’étais en seconde, j’ai pris LV3 espagnol. Malheureusement, en 1ère et Tle, j’ai été contrainte d’arrêter car mon option maths n’était pas compatible avec l’espagnol LV3. Quand je vois où ça m’a mené au niveau des maths (je suis la fille qui a obtenu 1/20 à l’épreuve de maths options L), je regrette amèrement de ne pas avoir continué l’espagnol.

Depuis cette fameuse année de LV3, je rêvais de reprendre l’espagnol. Mes études se portant avant tout sur l’anglais, je n’ai pas pu réaliser ce rêve tout de suite. Ca ne m’a pas empêché de faire 3 ans de chinois débutant à la fac. Il n’y avait simplement pas d’espagnol débutant à mon université.

L’année dernière, j’ai enfin sauté le pas en m’inscrivant à un cours d’espagnol au GRETA du coin. Ces 30h de cours furent instructives, mais pas tout à fait de mon niveau, puisque je me suis retrouvé avec des apprenants de niveau bien plus avancé que le mien.

J’ai donc repris fin janvier les cours, dans une association de ma ville cette fois-ci. Je rejoins un groupe qui a débuté en septembre – ils ont pu acquérir les bases qui me restaient. Le niveau est bien plus adapté en ce qui me concerne; par exemple, au niveau des temps, on est au présent, que je n’avais pas revu au GRETA.

Les cours ont lieu une fois par semaine, chaque session durant 1h30. Pour compléter le cours, je me suis dit qu’il fallait que je pratique de mon côté. Voici donc un petit aperçu de ce que je fais de mon côté pour apprendre l’espagnol!

Le café des langues

A chaque fois, je me dis que je dois parler espagnol avec un hispanophone. Malheureusement, je n’en ai pas toujours l’occasion, car j’ai l’impression que les hispanophones ne sont pas légion au café des langues de ma ville. De plus, je ne peux pas encore avoir de conversation complète, manquant de vocabulaire. L’endroit où se tient le café étant bruyant, ce n’est pas non plus l’idéal pour bien entendre mon interlocuteur et m’imprégner de ce qu’il dit.

Je trouve que ma situation illustre vraiment bien le problème des français avec la langue: on a peur de se lancer. Autant lancer une conversation en anglais ne me pose aucun problème, autant essayer avec le peu d’espagnol que j’ai de lancer une conversation avec un espagnol ou un sud-américain me semble absolument insurmontable. Il me faut vraiment me forcer pour me lancer. Je dois absolument travailler sur ça dans les prochaines semaines car en tant que prof de langues je suis absolument convaincue que la mise en situation et la conversations sont les meilleurs moyens d’acquérir une langue.

Le vocabulaire

J’écris tout le vocabulaire que je rencontre dans un petit répertoire. J’ai adopté le code couleur suivant: vert pour les verbes, bleu pour les noms masculins, rouge pour les noms féminins, et orange pour les conjonctions, prépositions et autres.

Il m’arrive aussi de chercher du vocabulaire thématique de mon côté: les pièces de la maison, les moyens de transport…J’utilise principalement mon petit dictionnaire Harrap’s Esencial (qui date de mon année de seconde!), mais aussi parfois Word Reference, le dictionnaire en ligne.

J’utilise ensuite le site Quizlet (que j’utilise aussi en classe avec mes élèves), qui est très bien fait. J’y créé des listes thématiques (les animaux, la nourriture) et je peux ensuite faire différentes activités et jeux pour acquérir le vocabulaire.

Le manuel

Ma prof à l’association nous a fait acheter un manuel de collège, Espacio Abierto. Comme nous n’avons pas de cours pendant les vacances, j’y ai déjà fait quelques exercices. Je ne peux malheureusement pas faire les exercices oraux car ils se trouvent sur le CD prof (qui coûte une blinde).

Qu’est-ce que ça m’apporte?

En tant que prof, apprendre une langue où je débute me permet de mieux me mettre à la place des élèves à qui j’enseigner l’anglais. Je comprends mieux les difficultés qu’ils peuvent avoir. Je vois par exemple à quel point il est difficile de mémoriser le vocabulaire nouveau: je prévois donc à l’avenir de donner moins de vocabulaire nouveau d’un coup. Je comprends les difficultés qu’ils peuvent avoir à se lancer à l’oral: je vais donc à l’avenir les encourager encore plus et les guider plus dans leurs prises de parole.

Personnellement, apprendre une seconde langue est un vrai souffle d’air frais. Apprendre, étudier, m’avaient manqués. L’espagnol est depuis longtemps une langue qui m’attire et je suis ravie de pouvoir petit à petit la comprendre et la parler.

Faut-il manger les animaux?

Je viens de terminer Faut-il manger les animaux? de Jonathan Safran Foer. C’est une lecture éprouvante, très intéressante et qui donne à réfléchir sur notre pouvoir en tant que consommateur et sur ce que le monde a fait de l’élevage et de l’agriculture en général.

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Il m’a ouvert les yeux sur l’élevage industriel et l’agriculture intensive. L’auteur décrit les procédés d’élevage et d’abattage de la volaille et des porcs notamment. Même si le livre se penche sur ce qui se passe aux Etats-Unis, je n’ai aucun doute que la viande que l’on achète dans les supermarchés français provient du même type de circuit et que les animaux subissent des traitements tout aussi horribles et inhumains.

Il est certain que je ne sors pas indemne de cette lecture et qu’elle m’incite à me poser beaucoup de questions. Moi qui n’aime pas vraiment la viande et qui en mange assez peu, je me suis tout de même surprise à me demander si j’étais prête à abandonner la viande totalement.

Je ne veux pas participer à un système qui détruit la planète (l’agriculture intensive est responsable d’une grande partie des émissions de gaz à effet de serre) et déshumanise notre rapport à l’animal et à la terre. Je ne veux pas participer à un système qui place le profit au dessus du bien-être animal. Je ne veux pas manger de viande si elle provient d’un animal malade, handicapé, bourré de produits divers et variés, et qui n’a pas vu le jour ni l’herbe de toute sa courte vie.

Mais au-delà de cela, suis-je prête à passer définitivement à un mode d’alimentation végétarien?
Suis-je prête à m’informer, à actualiser mes connaissances sur l’alimentation, à faire l’effort de chercher les protéines ailleurs que dans la viande?
Suis-je prête à affronter les questionnements (et reproches fatalement) de mon entourage quand je refuserai de la viande?
Suis-je prête à renoncer au sacro-saints saucisson et pâté familiaux?
Puis-je me déclarer végétarienne si je ne mange pas de viande SAUF le pâté et le saucisson familiaux (qui ne sont pas issus de l’élevage industriel)?
Puis-je me déclarer opposée à l’élevage industriel et aux mauvais traitements contre les animaux tout en mangeant tout de même des oeufs et du fromage?
Je suis sûre que je vais réussir à me passer de viande jusqu’au jour où je ne pourrai pas passer à côté. Ne pas manger de viande pendant une semaine normale, la routine du quotidien? Les doigts dans le nez. C’est plutôt les occasions festives et conviviales qui m’inquiètent.
Suis-je prête à manger une quiche lorraine sans lardon (je pense à cela car j’ai un repas entre amis ce soir et quelqu’un ramène une quiche lorraine)? Et quid du foie gras, dont je raffole, mais dont la fabrication est également un bel exemple de mauvais traitement des animaux? Noël sera-t-il Noël sans foie gras?

Et si je me déclare végétarienne, pourrais-je vraiment continuer à manger des fruits et légumes qui viennent parfois de l’autre bout de la planète? Pourrais-je continuer à manger parfois des fruits et légumes qui proviennent de ces fermes-usines d’Espagne où l’on exploite les travailleurs maghrébins?

J’ai l’impression que si je deviens végétarienne, ce devra être tout ou rien. Je devrais devenir une consommatrice modèle. Tout devra être cohérent dans mon alimentation. A quoi bon, sinon?

Tout un tas de questions donc, auxquelles je ne répondrai pas en un jour. Ce qui est certain, c’est que je n’ouvrirai certainement pas de sitôt le paquet de jambon en tranches que j’ai acheté cette semaine…

 

Ma vie de prof – semaine du 07/11 au 10/11

Lundi: arrivée au collège 7h30 – départ du collège 19h.

2h de cours, 4h de trou: (correction de copies, cahier de textes, création d’un doc sur les élections américaines, repas 40 minutes, trajet vers collège 20 minutes, relecture de cours + installation 20 minutes), 3h de cours, réunion parents-profs 2h.

Temps de travail: 11h30

Mardi: arrivée au collège 7h30 – départ du collège 19h30

2h de cours, 4h de trou (correction de copies, cahier de textes, préparation de la réunion parents-profs, envoi d’emails à collègues, photocopies, trajet 20 minutes, cantine 20 minutes, installation 20 minutes), 3h de cours, réunion parents-profs 2h30.

Temps de travail: 12h

Mercredi: création de cours
Temps de travail: 2h

Jeudi: arrivée au collège 7h30 – départ du collège 14h

2h de cours, 20 minutes de trajet, 1h de cours, cantin 20 minutes, cahier de textes + saisie de notes 10 minutes, 1h de cours.

Temps de travail: 6h30

Temps de travail total de la semaine de travail: 32h sur 4 jours.

Ma vie de prof 4, la reprise

Jeudi 3 novembre, c’était la rentrée!
Voici un résumé de mes journées de jeudi et vendredi de travail.

Jeudi
5h50: le réveil sonne.
entre 6h45 et 7h, idéalement: je pars de chez moi.
7h30: j’arrive au collège, plus tard que je ne l’aurais voulu car une déviation s’est installée sur ma route pendant les vacances. Je m’installe dans ma classe, je relis les cours du jour, j’ouvre mon cahier de bord et je constate que j’ai complètement oublié de préparer l’évaluation de mes 5ème.
7h50: après avoir trouvé une solution de remplacement pour mes 5ème, je descends en salle des profs pour dire bonjour aux collègues.
8h05: ça sonne, je vais chercher mes 4ème dans la cour et je les fais monter en classe.
8h10 – 9h05: mes 4ème ont un test, puis je les laisse travailler en autonomie sur leur tâche finale. Je passer dans les rangs, je réponds à certaines questions, mais globalement, je les laisse un peu travailler tous seuls car je veux voir de quoi ils sont capables. Je corriger leurs tests rapidement.
9h05 – 10h: mes 5ème arrivent et ont retenu le rituel de début d’heure: c’est parfait! Nous corrigeons l’activité d’Halloween qu’ils devaient terminer pendant les vacances sur la chanson Thriller de Michael Jackson. Ils sont ravis d’apprendre que le test est repoussé à lundi.

10h-12h: ma traditionnelle pause. Pendant la récré, je discute avec mes collègues, on se raconte nos vacances. Puis je commence mes « tâches administratives »: remplir le cahier de textes en ligne (un court résumé de ce que nous avons fait en classe + les devoirs à faire pour la prochaine fois, le tout visible par les parents et les élèves), retranscrire les notes de mes 4ème sur mon cahier de bord, puis les taper sur l’ENT du collège.
La réunion parents-profs de mon autre collège se profile à l’horizon. Je me connecte donc sur l’ENT pour consulter les notes de mes élèves et écrire pour chaque élève un court résumé sur son attitude, ses forces et ses faiblesses. Je n’aime pas n’avoir rien à dire aux parents.
12h-12h55: pause déjeuner en salle des profs. Je ne mange pas à la cantine dans ce collège là.
13h-13h55: mon heure d’aide aux devoirs hebdomadaire. J’accueille cette semaine trois élèves de 6ème et un de 4ème pour les aider dans leurs devoirs. Il faut répondre à leurs questions mais aussi vérifier leurs méthodes de travail et les aider à s’améliorer.
14h: je monte dans ma voiture, direction mon autre collège. 20 minutes de route. J’écoute de la musique à fond.
14h20: j’arrive au collège. Je monte en salle des profs, dans un premier bâtiment, pour récupérer les photocopies et manuels que j’entrepose dans mon casier, relever le courrier qui peut s’y trouver, et vérifier que j’ai bien ce qu’il faut pour mon cours de 6ème.
15h: la récré a commencé depuis 10 minutes, je peux quitter la salle des profs pour aller dans le bâtiment de cours et m’installer dans ma salle. La collègue qui l’occupe avant moi prend toujours pas mal de temps pour la libérer. Je ne peux pas lui en vouloir, je suis pareil.
15h10: ça sonne, je descends les trois étages pour aller chercher mes élèves de 6ème dans la cour. Tous les autres niveaux montent seul en classe, je descends donc les escaliers à contre courant.
15h13, environ: tous les élèves sont installés, ont sorti leurs affaires, et attendent debout qu’on puisse se dire bonjour. Eux non plus n’ont pas oublié le rituel de début d’heure, c’est super! Aujourd’hui je fais un point en français sur le harcèlement scolaire, ce que c’est, comment le prévenir, que faire si on en est victime ou témoin. Les élèves sont intéressés et proposent des solutions, c’est chouette. Puis on révise le vocabulaire sur les animaux via le site Quizlet.
16h05: ça sonne, les élèves sortent, zut, j’ai oublié de leur demander de mettre les chaises sur les tables. Je remplis le cahier de textes, vérifie une dernière fois mes mails de boulot, et je m’en vais vers 16h20.
17h: je suis arrivée chez moi! Le sac d’école reste dans la voiture, je garde mes soirées pour moi.

Temps de travail:  8h (sans les temps de trajet du matin et du soir, et sans la pause déjeuner)

Vendredi
12h05: je pars de chez moi.
12h40: j’arrive au collège. Je file faire des photocopies pour mes 4ème. La machine bloque et personne n’est là pour m’aider. Il me manque 20 photocopies mais ça a déjà sonné, je n’ai pas le temps de trouver une solution.
13h – 13h55: mes 4ème sont en devoir.
14h – 14h55: avec mes autres 4ème, on corrige aussi l’activité d’Halloween sur Thriller. Ils notent ensuite le vocabulaire de la chanson et on le traduit en français (malheur!), mais je ne leur ferai pas apprendre. C’est pour leur culture personnelle.
14h55 – 15h10: aujourd’hui, j’ai le temps de descendre en récré pour 5 minutes!
15h10 – 16h05: on fait cours avec mes 6ème. J’ouvre devant eux le colis que j’ai reçu aujourd’hui de nos correspondants en Angleterre: ils sont super contents et impatiens de lire les lettres. Cette fois-ci je n’oublie pas de leur faire monter les chaises sur les tables.
16h45: je suis rentrée chez moi! Le sac d’école rentre aussi dans l’appartement!

Temps de travail: grosso modo 3h30
Ce que j’ai fait aujourd’hui, samedi:
– J’ai avancé dans mes cours de 6ème et de 4ème.

Temps de travail: environ 3h