Bilan d’étape, 150 jours après mon accident

Oui, je compte les jours sur une application (on se moque pas!). Au départ c’était juste un compte à rebours jusqu’à ce qu’on m’enlève le plâtre, et puis j’ai décidé de continuer à cliquer pour compter exactement combien de jours durerait ma guérison. On s’occupe comme on peut!

Aujourd’hui marque donc le 150ème jour depuis mon accident et j’ai décidé de donner des nouvelles par ici, à la fois pour mes proches, pour les moins proches qui seraient curieux, et pour les éventuels paumés qui tomberaient là-dessus après avoir tapé « fracture de l’astragale » sur Google 🙂

Ma cheville

Ma cheville va bien. Je suis autorisée à poser tout mon poids dessus, la seule limite étant ma douleur. Vu que la douleur est présente à des intensités différentes mais à peu près à chaque fois que je sollicite ma jambe, on va dire que je ne m’arrête pas à un simple « aïe ».

J’apprends à marcher avec une seule béquille. C’est une étape un peu critique, car si je suis pressée de pouvoir me passer définitivement d’une béquille (et à terme, des deux béquilles, bien sûr), je dois néanmoins marcher correctement, pour éviter de compenser mon manque de stabilité/de force en sur-sollicitant une autre partie de mon corps. En l’occurence, si je ne fais pas un pas correct, c’est la jambe gauche et la hanche qui trinquent. Je dois m’efforcer de marcher en me tenant droite, avec les deux pieds raisonnablement rapprochés, et en faisant bien passer mon pied gauche devant mon pied droit. Oui, ça a l’air con comme ça quand je vous explique comment ça marche, la marche, mais j’en suis vraiment à décomposer mes mouvements!
La bataille est également grandement psychologique (oui, je pense beaucoup … donc je suis peut-être beaucoup? oui j’ai fait L je suis forte en philo), puisqu’il faut passer outre la douleur et oublier tout ce qu’on m’a dit les trois premiers mois de ma convalescence. Il faut réussir à se persuader que ma jambe droite est anatomiquement aussi en forme que la gauche. Je m’amuse à dire que parfois je fais des refus d’obstacle, comme un cheval. Mon corps veut y aller mais ma tête me dit « attends meuf, vas-y doucement ». J’essaie aussi d’arrêter de trop penser et juste d’y aller, mais bon, j’ai parfois l’impression d’être de retour en cours d’EPS quand tout le monde se mouvait gracieusement et facilement autour de moi et que moi je n’y arrivais pas, peu importe le nombre de fois où le prof décomposait la manoeuvre pour moi. Comme ce jour maudit où je n’arrivais pas à comprendre la mécanique du service en badminton. Ou comme en cours de maths (mais là, heureusement, j’étais pas la seule à rien piger). En 5ème, en soutien, j’avais terminé en larmes parce que j’arrivais pas à faire un cercle inscrit (genre je me souviens tout à fait de ce qu’est un cercle inscrit et à quoi ça sert).
Je suis quelqu’un qui ressent le besoin qu’on m’explique les choses, le besoin de comprendre comment les choses marchent, mais qui, paradoxalement, se bloque si on m’explique trop les choses. Analyser les choses me fait à la fois du bien et du mal. Il faut donc que j’arrive à marcher sans trop penser à ce que je fais pour que ça soit bien fait, tout en étant quand même à l’affût de la moindre erreur pour pouvoir la corriger.
C’est moi qui me fais des noeuds dans le cerveau ou quoi?!

J’arrête de m’épancher sur mon moi, mon surmoi, mon subconscient et mon inconscient et j’en reviens à des sujets plus terre à terre…
Je suis globalement plus à l’aise avec ma cheville. Je peux monter les escaliers sans problème, et je recommence à conduire depuis peu. J’arrive de mieux en mieux à répartir le poids de mon corps sur mes deux jambes quand je suis debout, après des mois à me reposer entièrement sur ma jambe gauche, qui a pris par conséquent les dimensions d’un petit jambonneau.
Tout cela me permet d’être petit à petit plus autonome, même si je suis encore loin de pouvoir gambader en forêt!

Le boulot

La dernière fois que j’ai un peu râlé sur les réseaux sociaux, c’était pour dire que le rectorat n’avait toujours pas classé mon accident du travail, 100 jours après les faits. C’est désormais chose faite. J’ai été assez surprise de la réactivité du rectorat une fois le rendez-vous avec le médecin-conseil passé. J’ai reçu la décision du rectorat (qui classe mon accident comme accident de trajet) dans la foulée, et les différents intervenants médicaux auraient apparemment été payés rapidement. Merci le rectorat! Maintenant j’attends juste de recevoir l’autre moitié de ma paie de janvier, et le petit papier qui me demande de reprendre rendez-vous avec le médecin-conseil.

Oui parce que même si le médecin-conseil m’a dit lui-même qu’on se reverra dans trois mois, je dois attendre de recevoir un papier du rectorat qui me dit « ça y est, vous pouvez prendre rendez-vous maintenant »! (y a pas que moi qui me fais des noeuds dans le cerveau tout compte fait)
Le médecin a donc décidé de me revoir d’ici trois mois, c’est-à-dire en mai. Pas de reprise d’ici là.
En prime, le rectorat a décidé de nommer mon remplaçant sur mon poste jusqu’à la fin de l’année (je remplaçais déjà quelqu’un sur ce poste). Si je reprends avant la fin de l’année, je ne sais donc pas où j’irai. Autant dire que mon envie de reprendre est désormais très basse. Pas que je sois une feignante, m’enfin, reprendre au mois de mai sur un nouveau poste, c’est pas l’idéal. Mais si je dois le faire, je le ferai #hussardnoirdelarépublique !

Et comment je m’occupe? Ca va les journées sont pas trop longues?

Ben ma foi ça dépend des jours. J’essaie de m’occuper de ma cheville assez régulièrement, donc même si je n’ai pas kiné tous les jours, j’essaie de faire de petits exercices de rééducation seule.

J’ai terminé Gilmore Girls, j’ai beaucoup aimé cette série. J’ai commencé un nouveau marathon Friends, je ne sais pas si j’ai déjà revu la série en entier, mais en tout cas, on ne s’en lasse pas. Après ça, je me ferais sûrement un marathon Lost. Pour le coup je suis sûre de n’avoir jamais revu la série en entier depuis la fin de sa diffusion, et pourtant c’est probablement ma série préférée.

Je lis un peu moins en ce moment. Toujours dans la science fiction/fantasy/fantastique, je finis un recueil de nouvelles de Stephen King (oui, encore lui). J’ai lu également la BD de Marion Montaigne sur Thomas Pesquet, Dans la Combi de Thomas Pesquet, qui est très drôle.
Voilà pour le petit bilan d’étape! Toute cette affaire avance doucement, mais elle avance!

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Jour 100

Hier, c’était le 100ème jour de ma convalescence! Un beau chiffre rond pour faire le point sur ma situation!

En 100 jours, j’ai
– lu plus que de raison
– construit environ 10 maisons dans Les Sims (#passion architecte virtuel), par contre je n’ai joué activement que quelques heures
– appris la technique du pas simulé (marcher sans mettre de poids) puis commencé à peser un peu sur ma jambe
– appliqué presque un tube entier de crème sur ma cicatrice
– appris au chat Blackie à venir me voir quand je l’appelle (#tropfière)

En 100 jours, je n’ai pas
– réglé ma situation auprès du rectorat, qui ne me considère pas encore en accident du travail (#pasdemafaute)
– regardé la télé plus que de raison – je ne regarde que deux émissions au quotidien
– je ne suis pas sortie plus de 10 fois en ville (#imissshopping mais c’est bon pour mon portefeuille)

Dans 100 jours,
– je pourrai marcher
– j’aurai repris le travail (en théorie; voir point suivant)
– le rectorat n’aura peut-être pas encore traité mon accident du travail (#espoir)
– ma jambe droite et ma jambe gauche seront à nouveau jumelles
– je gambaderai gaiement sous le soleil de Metz

Ma wishlist « voyages »: 5 destinations où j’aimerais me rendre

Je ne suis pas bien mobile en ce moment, et je ne sais pas encore quand je vais pouvoir voyager à nouveau. Je sais déjà où, en revanche: ce sera un séjour entre amies à Amsterdam, que je veux visiter depuis un petit bout de temps. Je jure que je n’y ferai pas de vélo! En revanche, j’adore visiter une ville en marchant, ce qui implique que ma cheville soit suffisamment remise pour parcourir au moins 5km par jour.

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En attendant de pouvoir ressortir mes cartes et plans et de faire chauffer la carte bleue, voici cinq endroits où j’aimerais me rendre dans un futur plus ou moins proche!

#1 La Nouvelle-Zélande

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Etant une inconditionnelle du Seigneur des Anneaux, je rêve de Nouvelle-Zélande depuis l’âge de 12 ans. Les grands espaces, les fjords, les moutons, et tout ce vert…me font rêver! Les néo-zélandais ont de plus la réputation d’être extrêmement gentils. J’ai longtemps voulu prendre une année sabbatique et utiliser un visa vacances-travail pour pouvoir profiter de ce pays sur une longue période. Je ne pense pas que cela sera possible (l’âge limite pour le visa est 30 ans révolus), mais je ne renonce pas pour autant à aller un jour découvrir le pays du long nuage blanc…pieds nus comme un Hobbit!

#2 Le Pérou

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Il faut bien avouer que je ne connais du Pérou que le Machu Picchu, mais il n’empêche que ce pays m’intéresse depuis de nombreuses années, et encore plus depuis que j’apprends l’espagnol. J’aime aussi l’idée de ne pas trop en apprendre sur un pays avant d’y voyager, pour éviter les a priori et se laisser porter par les découvertes. Trois membres de ma famille se sont déjà rendus au Pérou, alors…bientôt mon tour?

#3 Lille

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Au cours des derniers mois, j’ai fait plusieurs tentatives pour aller à Lille, mais les circonstances ont toujours été contre moi…Je n’ai jamais visité le Nord de la France et il paraît que Lille est très jolie et les lillois accueillants. Allez, en 2018, je vais à Lille, c’est sûr!

#4 Le Népal

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Je rêve de visiter Katmandou depuis que j’ai lu Les Chemins de Katmandou, de René Barjavel, à l’adolescence. Katmandou n’y est pourtant pas dépeinte comme un paradis, mais le mythe de Katmandou, la ville « hippie » n’est pas mort pour autant! Par ailleurs, les montagnes de l’Himalaya doivent être vraiment chouettes à voir (mais de loin. J’ai lu Into Thin Air, de Jon Krakauer, sur la catastrophe de l’Everest en 1996 et il faudrait me payer cher pour mettre un pied dans une chaussure d’alpiniste).

#5 Barcelone

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J’ai vu L’Auberge Espagnole, j’ai des tas de personnes dans mon entourage qui sont allées à Barcelone…et je veux y aller aussi. L’ambiance, l’architecture, la Sagrada Familia…Barcelone est sans doute la première ville espagnole que j’aimerais visiter. Et c’est un voyage tout à fait abordable, à peine plus cher et plus compliqué à organiser qu’un week-end à Lille!

 

Ma vie, mon plâtre

Imaginez avoir le pied coincé dans une chaussure de ski. Pendant 56 jours. Vous faites tout avec votre chaussure de ski au pied droit. Vous dormez. Vous mangez. Vous vous douchez avec, mais faut pas la mouiller alors on l’emballe dans un sac poubelle. Et vous n’avez pas le droit de poser le pied par terre, alors vous avez des béquilles.

C’est ma vie depuis le 3 octobre. Au début, je l’ai détesté, mon plâtre. Enfin, ma résine.
Instant technique: de nos jours, on utilise de la résine, et non du plâtre, pour immobiliser les membres blessés. Paraît que c’est plus léger. Je demande à voir.

Elle m’encombrait, ma résine. Je me désolais de devoir dormir sur le dos, moi qui m’affale d’habitude sur le ventre. Je n’étais pas à l’aise en béquilles, trouvant la résine trop lourde pour réussir à fléchir la jambe suffisamment pour ne pas traîner de la patte par terre. Je flippais de frapper un peu trop fort par terre. J’ai même fait des cauchemars dans lesquels ma résine se brisait en deux et il fallait retourner à l’hôpital pour la refaire. Je sais, c’est pas la pire chose qui puisse m’arriver techniquement, mais moi, j’ai reçu des consignes de l’hôpital et c’est bête, mais moi je suis les consignes à la lettre et je détesterais passer pour quelqu’un qui ne suit pas bien les consignes. #syndrômeprof.

Il y a un mois, je disais à tout le monde que le plus relou dans ma situation, c’est d’apprendre à vivre avec la résine.

Et aujourd’hui, la résine, j’ai peur de m’en séparer. On me l’enlève mardi prochain et c’est comme si une bonne copine me quittait (#hyperbolebonjour). Je dors comme un loir avec ma résine. J’arrive sans problème à toucher mes orteils. Je sautille avec aisance sur mes béquilles. Je frétille des orteils comme si j’avais fait ça toute ma vie!

Et c’est l’étape d’après que j’appréhende. Ma cicatrice à nu, sans résine pour la protéger. Devoir soigner cette vilaine cicatrice. La rééducation. Oh putain, la rééducation. Y a pas une option « rééducation pour fille pas sportive »? Je sens que je vais forcément douiller. J’ai pas souffert assez pour le moment, ce serait trop beau de faire toute la guérison sans souffrir un peu, non?

Allez, en attendant je peux tout de même trouver quelques points positifs à ma séparation d’avec Mme Résine:
– j’aurai tout le pied à l’air, pas seulement les orteils. Ce sera moins ridicule et ça tentera moins les gens de me chatouiller!
– je vais pouvoir mettre de vrais pantalons!!!!!!! #fashionista
– je vais pouvoir me doucher en mouillant ma jambe, avec la porte de la douche fermée, et donc arrêter de foutre de l’eau partout!

Et je vais avoir du temps pour apprivoiser ma prochaine meilleure amie, ma cicatrice de badass!

 

Le minimalisme (et moi)

Le minimalisme, c’est tendance en ce moment. Parmi tous les nouveaux concepts écolos qui naissent ces derniers années, j’ai l’impression que le minimalisme est le plus « Instagramable » de tous. Je vois beaucoup sur internet d’histoires de transformation, de personnes qui sont passées de la consommation à outrance au minimalisme le plus strict.  Mais qu’est-ce qui pousse ces gens à changer ainsi du tout au tout?

Pour le savoir, j’ai regardé le documentaire « Minimalism » sur Netflix.

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Le minimalisme, c’est le fait de consommer moins, voire de ne pas consommer du tout, et de vivre avec l’essentiel.
Dans le documentaire, on suit principalement deux américains au passé sombre, tous deux avec des histoires familiales pas franchement joyeuses, et qui ont fait carrière dans le monde de la consommation/de l’industrie. Ces deux hommes ont tous les deux vécu un traumatisme (décès de sa mère pour l’un) et ont trouvé le salut dans le minimalisme. Bon, c’est très américain, cette idée qu’il faille forcément avoir été le pire des salauds/l’homme le plus malheureux du monde pour pouvoir trouver la rédemption dans un concept qui répand le bon et le beau dans le monde. Personnellement ce n’est pas mon passé sombre (j’en ai pas, de toutes façons) qui me pousse à adopter un mode de vie meilleur, c’est plutôt la perspective d’un avenir dégueulasse.

Outre cette belle histoire bien judéo-chrétienne, le documentaire propose, à travers l’analyse de scientifiques, d’explorer le rapport de l’homme à la consommation et notamment l’effet de la consommation sur l’homme. D’autres intervenants racontent comment l’ « American way of life » est né et l’effet que la crise des subprimes a pu avoir sur des américains habitués à la surconsommation et qui se rendent compte soudainement qu’ils ne peuvent plus continuer ainsi.

Si le documentaire est assez sympathique à regarder, je trouve qu’il y manque un point de vue écolo: en effet, la surconsommation a un impact très important sur le réchauffement climatique et l’état de notre planète. Si nous devons changer notre mode de consommation, c’est avant tout pour sauver notre peau!

Et ma consommation à moi?

Malgré mes opinions écolos, je ne peux pas dire que je sois une consommatrice très responsable. J’ai l’impression qu’on est nombreux à être pris dans ce paradoxe: l’envie de faire quelque chose pour la planète et pour améliorer nos vies, mais l’incapacité de résister à la tentation d’acheter.

Je consomme plus ou moins selon les périodes. Généralement, je craque beaucoup en hiver (heureusement que je ne peux pas trop me déplacer en ce moment!) et au début de l’été. Quand j’y pense, il n’y aucune raison à ces frénésies d’achat, si ce n’est l’envie. J’en ai envie, je l’achète. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

Il y a néanmoins des domaines dans lesquels j’essaie d’acheter plus responsable: l’alimentation étant le principal domaine sur lequel je fais des efforts ces derniers temps. J’essaie d’acheter le plus possible bio, local et zéro déchet.
En revanche, je suis complètement incapable de me restreindre sur l’achat de livres, et j’arrive facilement à me trouver des excuses (genre: y a pas de livres en anglais à la bibliothèque).

Je sais que j’ai encore beaucoup de progrès à faire, notamment sur la rationalisation de l’acte d’achat: essayer de comprendre pourquoi j’achète et comment faire pour moins acheter/acheter mieux. J’aimerais notamment réaliser des progrès dans le domaine de la mode. Sans être une fashionista, j’aime bien m’acheter des vêtements sympas, mais j’ai déjà trop d’habits dans mes placards. J’aimerais acheter moins, mais acheter de meilleure qualité et utiliser tout ce que j’achète.
Bon, dans mon état actuel, je tourne sur environ 2% de ma garde-robe, mais je ne vais pas jeter tous mes pantalons sous prétexte que je ne peux pas les porter en ce moment 😀

Pour conclure, si le documentaire Minimalism n’a pas déclenché chez moi de prise de conscience (puisque j’étais déjà sensibilisée à ces questions avant), il a néanmoins le mérite d’apporter un éclairage sur le mode de vie consommateur des américains et de provoquer tout de même une petite réflexion sur ce que je pourrais améliorer dans mon mode de consommation!

A l’Est d’Eden, de John Steinbeck

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source: cityofsalinas.com

Je profite de ma convalescence pour démarrer ma carrière de critique littéraire 😉

Résumé d’ A l’Est d’Eden provenant du site de la Fnac:

Dans cette grande fresque, les personnages représentent le bien et le mal avec leurs rapports complexes. Adam Trask, épris de calme, Charles, son demi-frère dur et violent, Cathy, la femme d’Adam, un monstre camouflé derrière sa beauté, leurs enfants, les jumeaux Caleb et Aaron. En suivant de génération en génération les familles Trask et Hamilton, l’auteur nous raconte l’histoire de son pays, la vallée de la Salinas, en Californie du Nord.

 

***

De Steinbeck, j’ai lu et adoré Les Raisins de la Colère. J’ai lu et adoré Des Souris et Des Hommes. J’ai trouvé ces deux romans beaux, inspirants et bien écrits. Je me suis donc lancée dans A l’Est d’Eden, pensant qu’il me plairait autant.

Eh ben c’est raté.

C’était bien parti, pourtant. J’ai adoré lire les origines des familles Hamilton et Trask, j’ai aimé apprendre à connaître petit à petit ces personnages. Mon attention a été plus ou moins soutenue jusqu’à la moitié du livre.
Puis je me suis aperçue que le résumé de mon exemplaire, en anglais, disait cela: « the Trasks and the Hamiltons will helplessly replay the fall of Adam and Eve and the murderous rivalry of Cain and Abel. »

N’y connaissant vraiment que dalle en religion, je suis quand même allée me renseigner sur l’histoire de Caïn et Abel. Ok, deux frères, l’un tue l’autre. OK, j’ai pigé.
Et à partir de ce moment là j’ai commencé à décrocher du bouquin. Non parce que bon, OK ils rejouent la chute d’Adam et Eve et la rivalité de Cain et Abel, mais ils ont vraiment besoin de le faire sur 700 pages? A partir du moment où j’ai su qu’à un moment un de des deux jumeaux allait tuer l’autre, ça a un peu gâché le plaisir de la lecture pour moi. Surtout que le symbolisme religieux, pour une athée comme moi, ça va bien 5 minutes mais bon…

Bref, je suis complètement passée à côté d’ A l’Est d’Eden. Je ne peux pas dire que je l’ai détesté. Je ne peux pas dire que ça ne m’a pas intéressée. J’y suis restée plutôt indifférente et ça m’inquiète pour du Steinbeck, surtout quand je pense aux Raisins de la Colère que j’ai trouvé tellement beau que je m’arrêtais pour relire certaines phrases et me dire que c’était bien écrit.

Là, j’étais pas dedans, c’est tout.
Allez, sans rancune, John!

 

Jour 4

En ce vendredi, le programme est chargé.
On me fait ma dernière perfusion d’antibios, au cours de laquelle j’apprends que j’ai de très petites veines. L’infirmière a choisi des instruments utilisés pour les bébés pour me piquer, c’est dire! Pourtant, mes os et mon speck (pour les quelques lecteurs non-lorrains égarés, speck = graisse), eux, sont bien taille adulte!

Ensuite, on me change le pansement et on m’enlève le redon, ce drain qui recueillait le sang issu de ma blessure depuis mardi. Au revoir copain, ça va pas me manquer de penser à t’accrocher à mon déambulateur à chaque aller-retour aux toilettes. Je peux apercevoir ma cicatrice, ha ouais quand même! Pas petite, la blessure. Le médecin précise qu’il n’a ouvert que 2 ou 3 centimètres en plus pour pouvoir m’opérer.

On m’emmène ensuite pour poser ma résine. Un petit bout de femme s’occupe absolument toute seule de moi, calant mon pied sur son épaule pour enrouler les bandages autour de mon mollet, et me remerciant de l’avoir aidée avant de me laisser partir! Quelques consignes de base me sont données: ne pas conduire (j’en avais pas franchement l’intention en fait), ne pas mouiller ma résine (non plus), toujours surélever la jambe blessée.

De retour à ma chambre, ma mère arrive avec de vrais vêtements, que je m’empresse de passer en attendant l’ambulance qui me ramène chez mes parents.

Les ambulanciers arrivent, un duo qui pourrait presque être 21 Pilots (le groupe de musique): un petit tatoué et un grand rasé. Ils me ramènent dans la campagne où j’ai grandi, sur fond de Bruno Mars et des missions les plus marquantes du tatoué, dont un accouchement en ambulance.

J’arrive au village, le comité d’accueil est restreint. Je m’installe dans le sacro-saint fauteuil de mon père (oh le privilège de folie), je regarde autour de moi: je suis rentrée de l’hôpital.

Jour 3

Après une nuit bien plus reposante que la dernière, on me propose ce matin le Saint Graal de tout patient hospitalisé: LA DOUCHE!
Je boitille avec mon déambulateur vers la salle de bains et me délecte de la sensation de l’eau qui coule sur mes cheveux (gras). La délectation est de courte durée, car en fait, prendre sa douche assis, c’est pas forcément hyper confort, surtout quand en même temps tu flippes que ton pansement soit mouillé (même si une infirmière avait pris soin d’emballer ma jambe dans un sac poubelle auparavant).
C’est néanmoins ravie (et propre) que je regagne mon lit pour prendre mon petit-déjeuner.

En ce matin du troisième jour je me sens investie d’une mission: retrouver la trace des deux hommes qui m’ont porté secours le jour de mon accident. Je sais qu’ils travaillent à une radio locale. J’appelle le standard de la radio et lance ma bouteille à la mer. Quelques instants plus tard, un homme à la vraie voix de radio (« J’aurais pu l’écouter pendant des heures », me confiera plus tard la secrétaire de mon lycée qui l’a aussi eu au téléphone) me téléphone. C’est bien lui, l’homme à lunettes en qui j’ai placé toute ma confiance pendant que ma jambe pissait le sang. Il m’explique que son collègue, qui avait téléphoné aux secours, est à l’antenne à ce moment-là. C’est un peu classe comme situation ou c’est moi qui fangirle un peu?

Remerciements donnés, je raccroche avec en moi un sentiment de plénitude. Non c’est pas ça. Zénitude? Peut-être. Gratitude, c’est sûr. J’ai remercié mes sauveurs, ils ont eu de mes nouvelles, tout va bien. Il ne me restera plus qu’à retrouver la trace de l’infirmière et j’aurais remercié tous les héros de ce mardi d’octobre. Mon petit coeur d’artichaut et mon imagination s’emballent: ça ferait une super idée de début de scénario américain, cette histoire! Imagine après je suis invitée à la radio pour raconter mon accident, et pis un producteur de musique m’entend et dis « quelle voix! qu’elle chante! » et bam je démarre en trombe une carrière de chanteuse à succès. La nouvelle Patricia Kass. Ou Cindy Sander. Désolée, mes références en matière de chanteuses mosellanes sont un peu dépassées.

Mais trêve de rêverie, deux kinés débarquent pour m’emmener « béquiller »! En salle de kiné, après un rapide point théorique, je me retrouve à sautiller entre deux barres parallèles, puis à faire mes premiers bas en béquilles sous l’oeil bienveillant et attentif de mes deux coaches.
J’en profite ici pour retranscrire la blague in English que le kiné m’a raconté, que son prof d’anglais de 5ème lui avait raconté (comme quoi les élèves mémorisent vraiment n’importe quoi :D) et que je trouve assez drôle:
A ghost enters a bar. He orders whisky. The bartender answers: Sorry, sir, we don’t serve spirits here.

(Je suis sûre qu’avec cette blague j’ai gagné de l’audimat. Enfin du lectorat. C’est cette histoire de radio qui m’embrouille)

De retour dans ma chambre, nouveau passage du médecin qui me montre mes radios. Ha ouais elle a vraiment voulu se barrer, mon astragale! Mais pas si vite ma cocotte, avec les broches qu’on m’a posées, t’as intérêt à rester bien au chaud et à faire ton boulot! Hors de question que je sois rétrogradée aux PA (Parcours Adapté) lors des marches populaires!

L’après-midi s’écoule, les visites passent. Une mini « Mercy session » au ukulélé avec ma coloc, punaise en fait ça me va bien d’essayer de pas chanter trop fort…Comme on l’a trop maîtrisée, Shape of You! Bon, pour City of Stars faudra encore s’entraîner mais on tient quelque chose!
(Non, je ne nous la pète absolument pas)

Et voilà, encore une journée de passée en chambre 56! Demain, c’est la sortie!

Jour 2

J’ai peu dormi, ne trouvant pas de position confortable et étant interrompue régulièrement par les piqûres et poses de perfusion. Les quatre infirmiers de nuit se sont tous retrouvés dans ma chambre à 3h du matin pour regarder la stagiaire me poser ma perf. #fiestachambre56. Je trouve ça drôle et distrayant.

Je me réveille et prend mon petit-déjeuner, puis c’est l’heure de la toilette. Les matinées à l’hôpital, c’est super busy! On m’emmène faire une radio de contrôle. J’apprendrai vite que les gens me posent toujours les mêmes questions, dans le même ordre: « qu’est-ce qu’il vous est arrivé? » « et il s’est arrêté le conducteur au moins? ». Il faut croire que dans la plupart des cas, les gens qui renversent des piétons ou des cyclistes ne s’arrêtent pas. Je fais partie des chanceux.

Mais retour à ma radio: le médecin m’annonce que l’opération s’est bien passée et me montre des copies de la radio avant/après. L’astragale, un os très important du pied, a été énucléé (il a été sorti de son emplacement) sous la violence du choc. J’ai aussi une malléole (la petite boule de chaque côté de la cheville) cassée. On m’a donc posé des broches. Je trouve le médecin moins angoissant qu’hier, il faut dire qu’il était sur le point de faire une opération délicate à ce moment-là. Je le range définitivement dans la même catégorie que tous les autres personnels soignants: bienveillant.

Une kiné arrive pour m’apprendre à me servir du déambulateur. Je peux ENFIN utiliser les toilettes. #joiebonheur #etglamour. Mon père arrive pour me rendre visite, on s’échange les dernières nouvelles, je suis contente de le voir.

Une collègue m’appelle et me raconte qu’une radio locale a appelé au lycée. La secrétaire s’imagine tout de suite refuser de donner le moindre renseignement concernant mon accident #vieprivéebonjour. Mais c’est en fait deux de mes sauveurs du jour 1, l’homme à lunettes et celui qui a appelé les secours, qui appellent pour avoir de mes nouvelles. Ils travaillent à la radio. Je décide de me lancer à leur piste le lendemain.

Une petite sieste et c’est le conducteur qui a causé mon accident qui arrive. Un jeune étudiant. Il se confond en excuses, je lui dit que je ne lui en veux pas.
Le moment est quand même émouvant car je sens qu’autour de moi, les réactions se divisent: il y a le camp des gens qui en veulent à mort à ce type, et celui des gens qui pardonnent et qui passent à autre chose. A ce moment-là je décide de basculer définitivement dans le deuxième camp. A quoi bon poursuivre? Ce refus de priorité, j’aurais pu en être coupable aussi. Ce choc qu’il ressent, j’en serais certainement victime si j’étais à sa place aussi. Les procédures sont déjà suffisamment lourdes après un accident de ce type, je n’aurai pas l’envie ni la force d’entamer des poursuites qui seraient suffisamment longues pour me ramener sans cesse à ce jour d’octobre et à ce pauvre homme qui a juste commis l’erreur d’être humain. C’est moi la victime, c’est lui le fautif mais je ne le juge pas coupable.

Enfin, en fin de journée, trois de mes BFF (best friends forever) et ma mère arrivent. On rit, on fait blague sur blague, on mange, c’est presque la fête en chambre 56. Ca me fait plaisir de me savoir entourée. Les messages, appels, FaceTime continuent d’affluer de toute part. Je fais remarquer à deux amis qui se sont mariés l’année dernière que j’ai l’impression de comprendre ce qu’ils ont ressenti le jour de leur union: l’émotion de sentir tous ses proches autour de soi, solidaires, émus. #parallèlebancalbonjour
Oui, j’ai le sens de l’hyperbole!

Ainsi se termine le jour 2.

 

Jour 1

Mardi 3 octobre, 9h, au lycée. La sonnerie retentit, je libère mes élèves. J’attrape mon sac à dos et mon casque, et je sors chercher mon vélo. J’ai une demi-seconde d’hésitation: « est-ce que j’ai vraiment besoin de mettre mon casque? ». Je le mets quand même et j’enfourche mon vélo, direction la maison.
Je me redis encore que c’est dangereux, le vélo dans ma ville. Je repense à une de mes élèves quand je franchis le cédez-le-passage. C’est pour ça que je n’avais pas mes mains sur les freins comme d’habitude. Ce fameux cédez-le-passage dangereux, que je connais par coeur parce que mon auto-école est juste à côté. Je ne pense pas à surveiller les voitures qui me doivent la priorité. Je m’apprête à rejoindre la piste cyclable à littéralement 3 mètres, quand…
Une voiture me percute sur la droite. J’ai le temps de penser « oh, je tombe ». Je me retrouve par terre, couchée sur le flanc gauche, le vélo encore entre les jambes. Je vois la voiture qui s’est arrêtée. Quelqu’un me retire le vélo d’entre les jambes. Je m’assois. « Oh putain oh putain oh putain » seront mes très élégants premiers mots. Pas de douleur. Du coin de l’oeil, je vois du sang sur la chaussée. Je vois aussi mon pied droit dans un angle pas très naturel par rapport à ma jambe.
Un homme à lunettes, au visage calme et rassurant, arrive. Un autre appelle déjà les secours. Le conducteur arrive dans mon champ de vision. Je me dis qu’il est plus choqué que moi et que c’est vraiment bizarre. L’homme à lunettes me rassure et se met derrière moi pour me tenir le dos. Une femme arrive, elle est infirmière. On me parle, on me pose des questions. Je n’ai pas mal. Je suis lucide et sous le choc. Je parle de mon pantalon, ce pantalon sur lequel tout le monde me complimente. Les pompiers arrivent, me couchent, découpent mon pantalon, emballent ma jambe. M’emmènent à l’hôpital. Je suis encore lucide, je n’ai pas mal. Je n’ai eu le temps de remercier que la gentille infirmière. J’appelle mes parents, qui comme d’habitude ne répondent pas. On en rigole avec le pompier qui est resté avec moi.
J’arrive aux urgences. Les pompiers me transfèrent sur un brancard de l’hôpital et me disent que je peux crier si j’ai mal. Un grognement ridicule s’échappe de ma gorge, ce qui nous fait tous rire. Il y a du drôle dans toutes les situations.
Des élèves infirmiers débarquent pour voir ma blessure pendant qu’on s’occupe de moi. Allez-y, pas de problème, si je peux servir à quelque chose…J’ai le temps de me dire que le jeune élève infirmier pourrait faire partie des Fréro Delavega. J’ai le temps de me dire que je le trouve beau. C’est quand même bizarre le cerveau humain. J’ai une fracture ouverte, je pisse le sang, mais je trouve les gens beaux et je raconte des blagues. Le gentil Fréro me tient la main pendant qu’on m’enlève ma basket. Mais allez-y mon bon jeune homme! Ha tiens, tout ce liquide que je sens sur mon talon c’est mon sang.
Le médecin urgentiste m’annonce qu’il va réduire ma fracture. Ma première pensée: « comme dans les Bronzés? » #moncerveaucecon. Finalement ça fait pas si mal, quand on est bourrée de morphine. « Ha c’est la première fois que je prends de la drogue! Et c’est légal! » #patienterelou.
Je passe des radios. Ce grand monsieur bonhomme me rassure. Comme tous les personnels soignants à qui j’ai eu affaire. #Ilovelhopitalpublic. (Vous me dites si j’utilise trop de hashtag)
On autorise mes parents à me voir. Ca fait quand même plaisir de voir des têtes connues!  Mon père file s’occuper de prévenir le lycée tandis que ma mère reste avec moi. L’attente pour monter au bloc commence à être longue, on s’ennuierait presque tiens. Même avec une fracture ouverte, comme quoi.

Ca y est, je monte au bloc. Anesthésie locale. Le chirurgien apparaît et me dit que c’est sérieux. Mon cerveau malade se dit tout de suite: « amputation ». #tropdimagination. Je stresse. Les anesthésistes et infirmiers, ces héros, me rassurent et me font la conversation. Cette infirmière qui me raconte sa fille qui veut faire prépa au lycée où je bosse, qui me raconte un accident terrible dont elle a été victime (cette femme est formidable d’optimisme et de bienveillance). Cet anesthésiste qui me tapote les joues en mode grand-mère « mais c’est quoi ces larmes?? ». Cet autre infirmier avec qui on parle des frites du Macdo.
Je sens qu’on travaille sur ma jambe, comme si on s’acharnait à m’enlever une chaussure de ski qui ne s’enlève pas. A part ça, je trouve le temps long.

16h30, je sors du bloc et on m’emmène en service ortho. J’ai le droit de manger tout de suite #ilestlàlebonheur. J’allume la télé mais il n’y a que BFM, qui tourne en boucle sur trois news, putain c’est déprimant. Dépouillée de tout, même de mon portable, je trouve le temps bien long jusqu’à l’arrivée de mes parents et de ma super coloc. Les voir me fait tellement plaisir! Je leur raconte ma journée comme s’il ne m’était arrivé que des choses banales. On rit des situations rocambolesques que mon accident a créé #quiproquotéléphonique. Je reçois mon premier repas d’hôpital, ma foi c’est pas si mauvais. Mes proches me quittent à 20h, les textos commencent à affluer grâce à ma coloc qui prévient tous mes amis.

Ainsi se termine mon mardi 3 octobre 2017. Mon #cerveauàlacon ne peut s’empêcher de ne retenir que le positif: ces héros ordinaires qui se sont arrêtés pour s’occuper de moi, le conducteur qui s’est arrêté aussi, les pompiers calmes et drôles, les urgentistes rassurants et prévenants, le personnel du bloc qui fait tout pour moi même mettre de la musique #AliciaKeysforever, le personnel du service ortho qui court partout et qui réussit pourtant à s’occuper de tous avec bienveillance et dignité, mes proches qui sont aux petits soins.