Oui, je compte les jours sur une application (on se moque pas!). Au départ c’était juste un compte à rebours jusqu’à ce qu’on m’enlève le plâtre, et puis j’ai décidé de continuer à cliquer pour compter exactement combien de jours durerait ma guérison. On s’occupe comme on peut!
Aujourd’hui marque donc le 150ème jour depuis mon accident et j’ai décidé de donner des nouvelles par ici, à la fois pour mes proches, pour les moins proches qui seraient curieux, et pour les éventuels paumés qui tomberaient là-dessus après avoir tapé « fracture de l’astragale » sur Google 🙂
Ma cheville
Ma cheville va bien. Je suis autorisée à poser tout mon poids dessus, la seule limite étant ma douleur. Vu que la douleur est présente à des intensités différentes mais à peu près à chaque fois que je sollicite ma jambe, on va dire que je ne m’arrête pas à un simple « aïe ».
J’apprends à marcher avec une seule béquille. C’est une étape un peu critique, car si je suis pressée de pouvoir me passer définitivement d’une béquille (et à terme, des deux béquilles, bien sûr), je dois néanmoins marcher correctement, pour éviter de compenser mon manque de stabilité/de force en sur-sollicitant une autre partie de mon corps. En l’occurence, si je ne fais pas un pas correct, c’est la jambe gauche et la hanche qui trinquent. Je dois m’efforcer de marcher en me tenant droite, avec les deux pieds raisonnablement rapprochés, et en faisant bien passer mon pied gauche devant mon pied droit. Oui, ça a l’air con comme ça quand je vous explique comment ça marche, la marche, mais j’en suis vraiment à décomposer mes mouvements!
La bataille est également grandement psychologique (oui, je pense beaucoup … donc je suis peut-être beaucoup? oui j’ai fait L je suis forte en philo), puisqu’il faut passer outre la douleur et oublier tout ce qu’on m’a dit les trois premiers mois de ma convalescence. Il faut réussir à se persuader que ma jambe droite est anatomiquement aussi en forme que la gauche. Je m’amuse à dire que parfois je fais des refus d’obstacle, comme un cheval. Mon corps veut y aller mais ma tête me dit « attends meuf, vas-y doucement ». J’essaie aussi d’arrêter de trop penser et juste d’y aller, mais bon, j’ai parfois l’impression d’être de retour en cours d’EPS quand tout le monde se mouvait gracieusement et facilement autour de moi et que moi je n’y arrivais pas, peu importe le nombre de fois où le prof décomposait la manoeuvre pour moi. Comme ce jour maudit où je n’arrivais pas à comprendre la mécanique du service en badminton. Ou comme en cours de maths (mais là, heureusement, j’étais pas la seule à rien piger). En 5ème, en soutien, j’avais terminé en larmes parce que j’arrivais pas à faire un cercle inscrit (genre je me souviens tout à fait de ce qu’est un cercle inscrit et à quoi ça sert).
Je suis quelqu’un qui ressent le besoin qu’on m’explique les choses, le besoin de comprendre comment les choses marchent, mais qui, paradoxalement, se bloque si on m’explique trop les choses. Analyser les choses me fait à la fois du bien et du mal. Il faut donc que j’arrive à marcher sans trop penser à ce que je fais pour que ça soit bien fait, tout en étant quand même à l’affût de la moindre erreur pour pouvoir la corriger.
C’est moi qui me fais des noeuds dans le cerveau ou quoi?!
J’arrête de m’épancher sur mon moi, mon surmoi, mon subconscient et mon inconscient et j’en reviens à des sujets plus terre à terre…
Je suis globalement plus à l’aise avec ma cheville. Je peux monter les escaliers sans problème, et je recommence à conduire depuis peu. J’arrive de mieux en mieux à répartir le poids de mon corps sur mes deux jambes quand je suis debout, après des mois à me reposer entièrement sur ma jambe gauche, qui a pris par conséquent les dimensions d’un petit jambonneau.
Tout cela me permet d’être petit à petit plus autonome, même si je suis encore loin de pouvoir gambader en forêt!
Le boulot
La dernière fois que j’ai un peu râlé sur les réseaux sociaux, c’était pour dire que le rectorat n’avait toujours pas classé mon accident du travail, 100 jours après les faits. C’est désormais chose faite. J’ai été assez surprise de la réactivité du rectorat une fois le rendez-vous avec le médecin-conseil passé. J’ai reçu la décision du rectorat (qui classe mon accident comme accident de trajet) dans la foulée, et les différents intervenants médicaux auraient apparemment été payés rapidement. Merci le rectorat! Maintenant j’attends juste de recevoir l’autre moitié de ma paie de janvier, et le petit papier qui me demande de reprendre rendez-vous avec le médecin-conseil.
Oui parce que même si le médecin-conseil m’a dit lui-même qu’on se reverra dans trois mois, je dois attendre de recevoir un papier du rectorat qui me dit « ça y est, vous pouvez prendre rendez-vous maintenant »! (y a pas que moi qui me fais des noeuds dans le cerveau tout compte fait)
Le médecin a donc décidé de me revoir d’ici trois mois, c’est-à-dire en mai. Pas de reprise d’ici là.
En prime, le rectorat a décidé de nommer mon remplaçant sur mon poste jusqu’à la fin de l’année (je remplaçais déjà quelqu’un sur ce poste). Si je reprends avant la fin de l’année, je ne sais donc pas où j’irai. Autant dire que mon envie de reprendre est désormais très basse. Pas que je sois une feignante, m’enfin, reprendre au mois de mai sur un nouveau poste, c’est pas l’idéal. Mais si je dois le faire, je le ferai #hussardnoirdelarépublique !
Et comment je m’occupe? Ca va les journées sont pas trop longues?
Ben ma foi ça dépend des jours. J’essaie de m’occuper de ma cheville assez régulièrement, donc même si je n’ai pas kiné tous les jours, j’essaie de faire de petits exercices de rééducation seule.
J’ai terminé Gilmore Girls, j’ai beaucoup aimé cette série. J’ai commencé un nouveau marathon Friends, je ne sais pas si j’ai déjà revu la série en entier, mais en tout cas, on ne s’en lasse pas. Après ça, je me ferais sûrement un marathon Lost. Pour le coup je suis sûre de n’avoir jamais revu la série en entier depuis la fin de sa diffusion, et pourtant c’est probablement ma série préférée.
Je lis un peu moins en ce moment. Toujours dans la science fiction/fantasy/fantastique, je finis un recueil de nouvelles de Stephen King (oui, encore lui). J’ai lu également la BD de Marion Montaigne sur Thomas Pesquet, Dans la Combi de Thomas Pesquet, qui est très drôle.
Voilà pour le petit bilan d’étape! Toute cette affaire avance doucement, mais elle avance!