This is the end of the final countdown

Quand tu sais que tu ne resteras pas dans le même établissement l’année suivante, la fin d’une année scolaire est très étrange.

Les élèves partent au compte goutte, un à un. Le gros de la troupe s’en va si tôt les manuels scolaires rendus (c’est-à-dire dès le 20 juin pour un de mes établissements cette année), puis il disparait entre deux et quatre élèves par jour.
Tu n’as pas le temps de leur dire au revoir ni de leur annoncer que tu ne seras pas là l’année suivante, mais bon, tu penses qu’ils s’en fichent pas mal.
Tu es partagée entre l’envie de finir ton programme et celle (YOLO) de passer déjà aux films et autres goûters. Tu te dis que c’est quand même important le prétérit en 5ème, mais en même temps, à quoi bon, puisque tout ce que les élèves veulent faire, c’est être avachi sur leur table et attendre que ça passe.

Tu es trop fatiguée pour réussir à adapter convenablement tes cours à cette lente agonie, cette absence totale d’envie. Comment la susciter, l’envie? La motivation chez ces élèves qui viennent encore au collège uniquement parce que leurs parents le leur ont demandé?

Et puis il y a les mutations, les résultats qui tombent, la déception de ne pas obtenir de poste fixe. Ton esprit est ailleurs mais tu devrais te concentrer sur tes derniers jours dans ces murs. Tu te prends à être soulagée de pouvoir enfin partir, dire au revoir à certaines personnes, ne plus jamais revoir certains élèves. Pour d’autres, c’est la tristesse de ne pouvoir les suivre l’an suivant. Quand tu es vraiment bien tombée, tu n’as pas envie de quitter ton établissement.

Tu es à la fois prête à passer à autre chose et fatiguée de devoir, d’ici deux mois, découvrir un nouvel environnement. Tu veux en finir tout de suite, car tu sais que toutes les cérémonies de fin d’année (conseils d’enseignement, réunions de préparation de la rentrée…) ne te concernent pas. Mais tu t’en veux aussi de partir comme une voleuse.

Toutes ces émotions, mêlées à la fatigue de fin d’année, avec lesquelles je compose depuis deux ans, m’envahiront de nouveau à la fin de l’année scolaire 2017 – 2018!

Prête (il faut bien) pour une troisième année sur les routes!

Une semaine en Irlande

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Notre voiture sur la route de Dingle, County Kerry

Pendant les vacances, je suis partie avec quatre copines en road-trip à travers l’Irlande. Je n’avais visité ce pays qu’à deux reprises: une première fois en 2004 lors d’un voyage scolaire avec mon lycée, et une deuxième fois en 2015 en voyage scolaire avec le collège où j’étais affectée.
C’était donc mon premier voyage en Irlande en tant que « particulière », si j’ose dire.

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Promenade à Glendalough, County Wicklow

Ce voyage m’a enchantée! J’avais déjà adoré le pays lors de mes précédents voyages, mais cette fois-ci, je n’ai qu’une envie: y retourner et explorer encore plus!
L’avantage du road-trip, c’est qu’on peut voir un échantillon d’un peu de tout: la facilité à se déplacer (et la taille du pays) nous a permis de voir des paysages, des villes et des monuments très variés en l’espace d’une semaine.
L’inconvénient du road-trip, et surtout sur une seule semaine, c’est qu’on aurait envie de s’installer à chaque étape: passer deux, trois jours dans chaque coin visité pour voir davantage…

Ainsi, j’ai adoré la péninsule de Dingle et je me verrais bien y faire de la randonnée…

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Je n’ai pas beaucoup de photos de la péninsule car c’est moi qui roulais…

La petite ville de Killarney m’a beaucoup plu et je veux absolument y retourner pour me rendre au pub « The Shire », apparemment consacré au SDA…

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Black Sheep Hostel, notre auberge à Killarney (County Kerry)

Je voudrais bien me perdre sur les petits routes sinueuses du conté de Clare…

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Au détour d’un virage…des vaches! County Clare

Et surtout, SURTOUT, je donnerais n’importe quoi pour regoûter à mes nouveaux amours: le brown soda bread et l’Irish Stew! 😀

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Premier jour, premier (et meilleur) Lamb Stew à Corofin, Country Clare

Apprendre une deuxième langue – l’espagnol

Quand j’étais en seconde, j’ai pris LV3 espagnol. Malheureusement, en 1ère et Tle, j’ai été contrainte d’arrêter car mon option maths n’était pas compatible avec l’espagnol LV3. Quand je vois où ça m’a mené au niveau des maths (je suis la fille qui a obtenu 1/20 à l’épreuve de maths options L), je regrette amèrement de ne pas avoir continué l’espagnol.

Depuis cette fameuse année de LV3, je rêvais de reprendre l’espagnol. Mes études se portant avant tout sur l’anglais, je n’ai pas pu réaliser ce rêve tout de suite. Ca ne m’a pas empêché de faire 3 ans de chinois débutant à la fac. Il n’y avait simplement pas d’espagnol débutant à mon université.

L’année dernière, j’ai enfin sauté le pas en m’inscrivant à un cours d’espagnol au GRETA du coin. Ces 30h de cours furent instructives, mais pas tout à fait de mon niveau, puisque je me suis retrouvé avec des apprenants de niveau bien plus avancé que le mien.

J’ai donc repris fin janvier les cours, dans une association de ma ville cette fois-ci. Je rejoins un groupe qui a débuté en septembre – ils ont pu acquérir les bases qui me restaient. Le niveau est bien plus adapté en ce qui me concerne; par exemple, au niveau des temps, on est au présent, que je n’avais pas revu au GRETA.

Les cours ont lieu une fois par semaine, chaque session durant 1h30. Pour compléter le cours, je me suis dit qu’il fallait que je pratique de mon côté. Voici donc un petit aperçu de ce que je fais de mon côté pour apprendre l’espagnol!

Le café des langues

A chaque fois, je me dis que je dois parler espagnol avec un hispanophone. Malheureusement, je n’en ai pas toujours l’occasion, car j’ai l’impression que les hispanophones ne sont pas légion au café des langues de ma ville. De plus, je ne peux pas encore avoir de conversation complète, manquant de vocabulaire. L’endroit où se tient le café étant bruyant, ce n’est pas non plus l’idéal pour bien entendre mon interlocuteur et m’imprégner de ce qu’il dit.

Je trouve que ma situation illustre vraiment bien le problème des français avec la langue: on a peur de se lancer. Autant lancer une conversation en anglais ne me pose aucun problème, autant essayer avec le peu d’espagnol que j’ai de lancer une conversation avec un espagnol ou un sud-américain me semble absolument insurmontable. Il me faut vraiment me forcer pour me lancer. Je dois absolument travailler sur ça dans les prochaines semaines car en tant que prof de langues je suis absolument convaincue que la mise en situation et la conversations sont les meilleurs moyens d’acquérir une langue.

Le vocabulaire

J’écris tout le vocabulaire que je rencontre dans un petit répertoire. J’ai adopté le code couleur suivant: vert pour les verbes, bleu pour les noms masculins, rouge pour les noms féminins, et orange pour les conjonctions, prépositions et autres.

Il m’arrive aussi de chercher du vocabulaire thématique de mon côté: les pièces de la maison, les moyens de transport…J’utilise principalement mon petit dictionnaire Harrap’s Esencial (qui date de mon année de seconde!), mais aussi parfois Word Reference, le dictionnaire en ligne.

J’utilise ensuite le site Quizlet (que j’utilise aussi en classe avec mes élèves), qui est très bien fait. J’y créé des listes thématiques (les animaux, la nourriture) et je peux ensuite faire différentes activités et jeux pour acquérir le vocabulaire.

Le manuel

Ma prof à l’association nous a fait acheter un manuel de collège, Espacio Abierto. Comme nous n’avons pas de cours pendant les vacances, j’y ai déjà fait quelques exercices. Je ne peux malheureusement pas faire les exercices oraux car ils se trouvent sur le CD prof (qui coûte une blinde).

Qu’est-ce que ça m’apporte?

En tant que prof, apprendre une langue où je débute me permet de mieux me mettre à la place des élèves à qui j’enseigner l’anglais. Je comprends mieux les difficultés qu’ils peuvent avoir. Je vois par exemple à quel point il est difficile de mémoriser le vocabulaire nouveau: je prévois donc à l’avenir de donner moins de vocabulaire nouveau d’un coup. Je comprends les difficultés qu’ils peuvent avoir à se lancer à l’oral: je vais donc à l’avenir les encourager encore plus et les guider plus dans leurs prises de parole.

Personnellement, apprendre une seconde langue est un vrai souffle d’air frais. Apprendre, étudier, m’avaient manqués. L’espagnol est depuis longtemps une langue qui m’attire et je suis ravie de pouvoir petit à petit la comprendre et la parler.

Faut-il manger les animaux?

Je viens de terminer Faut-il manger les animaux? de Jonathan Safran Foer. C’est une lecture éprouvante, très intéressante et qui donne à réfléchir sur notre pouvoir en tant que consommateur et sur ce que le monde a fait de l’élevage et de l’agriculture en général.

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Il m’a ouvert les yeux sur l’élevage industriel et l’agriculture intensive. L’auteur décrit les procédés d’élevage et d’abattage de la volaille et des porcs notamment. Même si le livre se penche sur ce qui se passe aux Etats-Unis, je n’ai aucun doute que la viande que l’on achète dans les supermarchés français provient du même type de circuit et que les animaux subissent des traitements tout aussi horribles et inhumains.

Il est certain que je ne sors pas indemne de cette lecture et qu’elle m’incite à me poser beaucoup de questions. Moi qui n’aime pas vraiment la viande et qui en mange assez peu, je me suis tout de même surprise à me demander si j’étais prête à abandonner la viande totalement.

Je ne veux pas participer à un système qui détruit la planète (l’agriculture intensive est responsable d’une grande partie des émissions de gaz à effet de serre) et déshumanise notre rapport à l’animal et à la terre. Je ne veux pas participer à un système qui place le profit au dessus du bien-être animal. Je ne veux pas manger de viande si elle provient d’un animal malade, handicapé, bourré de produits divers et variés, et qui n’a pas vu le jour ni l’herbe de toute sa courte vie.

Mais au-delà de cela, suis-je prête à passer définitivement à un mode d’alimentation végétarien?
Suis-je prête à m’informer, à actualiser mes connaissances sur l’alimentation, à faire l’effort de chercher les protéines ailleurs que dans la viande?
Suis-je prête à affronter les questionnements (et reproches fatalement) de mon entourage quand je refuserai de la viande?
Suis-je prête à renoncer au sacro-saints saucisson et pâté familiaux?
Puis-je me déclarer végétarienne si je ne mange pas de viande SAUF le pâté et le saucisson familiaux (qui ne sont pas issus de l’élevage industriel)?
Puis-je me déclarer opposée à l’élevage industriel et aux mauvais traitements contre les animaux tout en mangeant tout de même des oeufs et du fromage?
Je suis sûre que je vais réussir à me passer de viande jusqu’au jour où je ne pourrai pas passer à côté. Ne pas manger de viande pendant une semaine normale, la routine du quotidien? Les doigts dans le nez. C’est plutôt les occasions festives et conviviales qui m’inquiètent.
Suis-je prête à manger une quiche lorraine sans lardon (je pense à cela car j’ai un repas entre amis ce soir et quelqu’un ramène une quiche lorraine)? Et quid du foie gras, dont je raffole, mais dont la fabrication est également un bel exemple de mauvais traitement des animaux? Noël sera-t-il Noël sans foie gras?

Et si je me déclare végétarienne, pourrais-je vraiment continuer à manger des fruits et légumes qui viennent parfois de l’autre bout de la planète? Pourrais-je continuer à manger parfois des fruits et légumes qui proviennent de ces fermes-usines d’Espagne où l’on exploite les travailleurs maghrébins?

J’ai l’impression que si je deviens végétarienne, ce devra être tout ou rien. Je devrais devenir une consommatrice modèle. Tout devra être cohérent dans mon alimentation. A quoi bon, sinon?

Tout un tas de questions donc, auxquelles je ne répondrai pas en un jour. Ce qui est certain, c’est que je n’ouvrirai certainement pas de sitôt le paquet de jambon en tranches que j’ai acheté cette semaine…

 

Ma vie de prof – semaine du 07/11 au 10/11

Lundi: arrivée au collège 7h30 – départ du collège 19h.

2h de cours, 4h de trou: (correction de copies, cahier de textes, création d’un doc sur les élections américaines, repas 40 minutes, trajet vers collège 20 minutes, relecture de cours + installation 20 minutes), 3h de cours, réunion parents-profs 2h.

Temps de travail: 11h30

Mardi: arrivée au collège 7h30 – départ du collège 19h30

2h de cours, 4h de trou (correction de copies, cahier de textes, préparation de la réunion parents-profs, envoi d’emails à collègues, photocopies, trajet 20 minutes, cantine 20 minutes, installation 20 minutes), 3h de cours, réunion parents-profs 2h30.

Temps de travail: 12h

Mercredi: création de cours
Temps de travail: 2h

Jeudi: arrivée au collège 7h30 – départ du collège 14h

2h de cours, 20 minutes de trajet, 1h de cours, cantin 20 minutes, cahier de textes + saisie de notes 10 minutes, 1h de cours.

Temps de travail: 6h30

Temps de travail total de la semaine de travail: 32h sur 4 jours.

Ma vie de prof 4, la reprise

Jeudi 3 novembre, c’était la rentrée!
Voici un résumé de mes journées de jeudi et vendredi de travail.

Jeudi
5h50: le réveil sonne.
entre 6h45 et 7h, idéalement: je pars de chez moi.
7h30: j’arrive au collège, plus tard que je ne l’aurais voulu car une déviation s’est installée sur ma route pendant les vacances. Je m’installe dans ma classe, je relis les cours du jour, j’ouvre mon cahier de bord et je constate que j’ai complètement oublié de préparer l’évaluation de mes 5ème.
7h50: après avoir trouvé une solution de remplacement pour mes 5ème, je descends en salle des profs pour dire bonjour aux collègues.
8h05: ça sonne, je vais chercher mes 4ème dans la cour et je les fais monter en classe.
8h10 – 9h05: mes 4ème ont un test, puis je les laisse travailler en autonomie sur leur tâche finale. Je passer dans les rangs, je réponds à certaines questions, mais globalement, je les laisse un peu travailler tous seuls car je veux voir de quoi ils sont capables. Je corriger leurs tests rapidement.
9h05 – 10h: mes 5ème arrivent et ont retenu le rituel de début d’heure: c’est parfait! Nous corrigeons l’activité d’Halloween qu’ils devaient terminer pendant les vacances sur la chanson Thriller de Michael Jackson. Ils sont ravis d’apprendre que le test est repoussé à lundi.

10h-12h: ma traditionnelle pause. Pendant la récré, je discute avec mes collègues, on se raconte nos vacances. Puis je commence mes « tâches administratives »: remplir le cahier de textes en ligne (un court résumé de ce que nous avons fait en classe + les devoirs à faire pour la prochaine fois, le tout visible par les parents et les élèves), retranscrire les notes de mes 4ème sur mon cahier de bord, puis les taper sur l’ENT du collège.
La réunion parents-profs de mon autre collège se profile à l’horizon. Je me connecte donc sur l’ENT pour consulter les notes de mes élèves et écrire pour chaque élève un court résumé sur son attitude, ses forces et ses faiblesses. Je n’aime pas n’avoir rien à dire aux parents.
12h-12h55: pause déjeuner en salle des profs. Je ne mange pas à la cantine dans ce collège là.
13h-13h55: mon heure d’aide aux devoirs hebdomadaire. J’accueille cette semaine trois élèves de 6ème et un de 4ème pour les aider dans leurs devoirs. Il faut répondre à leurs questions mais aussi vérifier leurs méthodes de travail et les aider à s’améliorer.
14h: je monte dans ma voiture, direction mon autre collège. 20 minutes de route. J’écoute de la musique à fond.
14h20: j’arrive au collège. Je monte en salle des profs, dans un premier bâtiment, pour récupérer les photocopies et manuels que j’entrepose dans mon casier, relever le courrier qui peut s’y trouver, et vérifier que j’ai bien ce qu’il faut pour mon cours de 6ème.
15h: la récré a commencé depuis 10 minutes, je peux quitter la salle des profs pour aller dans le bâtiment de cours et m’installer dans ma salle. La collègue qui l’occupe avant moi prend toujours pas mal de temps pour la libérer. Je ne peux pas lui en vouloir, je suis pareil.
15h10: ça sonne, je descends les trois étages pour aller chercher mes élèves de 6ème dans la cour. Tous les autres niveaux montent seul en classe, je descends donc les escaliers à contre courant.
15h13, environ: tous les élèves sont installés, ont sorti leurs affaires, et attendent debout qu’on puisse se dire bonjour. Eux non plus n’ont pas oublié le rituel de début d’heure, c’est super! Aujourd’hui je fais un point en français sur le harcèlement scolaire, ce que c’est, comment le prévenir, que faire si on en est victime ou témoin. Les élèves sont intéressés et proposent des solutions, c’est chouette. Puis on révise le vocabulaire sur les animaux via le site Quizlet.
16h05: ça sonne, les élèves sortent, zut, j’ai oublié de leur demander de mettre les chaises sur les tables. Je remplis le cahier de textes, vérifie une dernière fois mes mails de boulot, et je m’en vais vers 16h20.
17h: je suis arrivée chez moi! Le sac d’école reste dans la voiture, je garde mes soirées pour moi.

Temps de travail:  8h (sans les temps de trajet du matin et du soir, et sans la pause déjeuner)

Vendredi
12h05: je pars de chez moi.
12h40: j’arrive au collège. Je file faire des photocopies pour mes 4ème. La machine bloque et personne n’est là pour m’aider. Il me manque 20 photocopies mais ça a déjà sonné, je n’ai pas le temps de trouver une solution.
13h – 13h55: mes 4ème sont en devoir.
14h – 14h55: avec mes autres 4ème, on corrige aussi l’activité d’Halloween sur Thriller. Ils notent ensuite le vocabulaire de la chanson et on le traduit en français (malheur!), mais je ne leur ferai pas apprendre. C’est pour leur culture personnelle.
14h55 – 15h10: aujourd’hui, j’ai le temps de descendre en récré pour 5 minutes!
15h10 – 16h05: on fait cours avec mes 6ème. J’ouvre devant eux le colis que j’ai reçu aujourd’hui de nos correspondants en Angleterre: ils sont super contents et impatiens de lire les lettres. Cette fois-ci je n’oublie pas de leur faire monter les chaises sur les tables.
16h45: je suis rentrée chez moi! Le sac d’école rentre aussi dans l’appartement!

Temps de travail: grosso modo 3h30
Ce que j’ai fait aujourd’hui, samedi:
– J’ai avancé dans mes cours de 6ème et de 4ème.

Temps de travail: environ 3h

Ma vie de prof 3

Ce que j’ai fait aujourd’hui: J’ai préparé une grille d’évaluation pour la tâche finale de mes autres 4ème. Puis j’ai repris les évènements du calendrier annuel créé par une collègue et acheté sur mes frais sur internet, pour créer une présentation Powerpoint. Au début de chaque heure de cours, dans le cadre du rituel, un élève regarde sur le calendrier l’évènement du jour. Le calendrier inclus les fêtes calendaires, les grands évènements historiques, mais aussi les évènements importants dans les pays anglophones (comme par exemple l’entrée de chaque Etat dans les Etats-Unis, ce qui me permet de faire une courte présentation sur l’Etat en question). Je dois donc rechercher chaque mois des informations sur les évènements (car je ne connais pas tout), trier et décider de ce que je vais mettre sur ma diapo du jour, et parfois ajouter une petite activité pour les élèves.
Le but principal de ce moment du cours est de donner aux élèves une culture générale des pays anglophones. On ne note pas toujours quelque chose dans le cahier, et cette phase du cours dure entre 2 et 10 minutes suivant l’intérêt des élèves.

Temps de travail: 1h50

Ma vie de prof 2

Ce que j’ai fait aujourd’hui:
Préparation de cours pour mes 5ème. Planifier les 3 ou 4 prochaines séances (je n’arrive pas encore bien à savoir combien de temps vont me prendre chaque activité prévue), les évaluations, réserver la salle info pour la tâche intermédiaire…

Temps de travail: 45 minutes

Ma vie de prof 1

Un certain candidat à la présidentielle a eu la semaine dernière des propos non seulement très violents mais en plus très faux par rapport à ma profession. J’ai donc décidé de dévoiler un peu plus mon quotidien de prof d’anglais.

Un résumé rapide de ma situation pour commencer:
J’ai toujours voulu enseigner. J’ai obtenu mon concours en 2012, et, sachant que je ne pourrai pas rester chez moi, j’ai fait le choix de partir à Lyon pour mon année de stage. J’y ai enseigné dans un lycée à la périphérie de Lyon, à 5 classes (3 secondes, 1 première STMG, 2 terminales ES et S). La formation à l’époque se résumait à une journée par semaine, 6h de formation plutôt très théorique.
Après cette année, je n’ai pas obtenu ma mutation pour rentrer en Lorraine et j’ai été envoyée dans l’académie de Créteil. J’y ai enseigné deux années dans un collège merveilleux avec des collègues formidables et des élèves choupis-trognons, mais sans formation aucune (ma formation initiale se concentrant largement sur la didactique du lycée).
Après quoi j’ai obtenu par surprise ma mutation pour l’académie de Nancy-Metz, où je suis TZR depuis deux ans. TZR = Titulaire sur Zone de Remplacement.
J’ai été inspectée pour la première fois de ma carrière en début d’année dernière, ce qui m’a confirmé que je ne faisais pas tout à fait n’importe quoi (c’était la première fois qu’on me voyait enseigner en collège).
Je change de poste chaque année, et j’enseigne cette année encore sur deux collèges différents, distants de 17km, dans des contextes assez similaires mais avec quelques différences tout de même: un très gros collège de 700 élèves, et un collège plus petit mais classé REP (le nouveau nom des ZEP), pour lequel je reçois 45€ de prime supplémentaire sur mon salaire mensuel (calculé au prorata de mes 6h d’enseignement dans cet établissement). Je gagne 1830€/mois, et en tant que TZR j’ai droit à des frais de déplacements qui sont calculés à partir de ma résidence administrative (= mon établissement de rattachement, à 40km de mon domicile, et plus proche de mes établissements d’exercice). J’ai fait le choix de m’installer dans la grande ville du coin, j’aurais pu m’installer là où on m’a rattachée, mais je n’en avais pas terriblement envie, et ma situation de TZR est normalement temporaire.

Ce que j’ai fait aujourd’hui:
Aujourd’hui, c’est encore les vacances mais j’ai des choses à préparer pour la rentrée. J’ai donc sorti mon ordinateur et mon disque dur externe payés avec mon argent personnel, ainsi que mes manuels de classe payés avec mon argent personnel. J’ai préparé la tâche finale de mes 4ème: établir le déroulement des heures de préparation et d’évaluation, rechercher sur internet des documents modèle pour les élèves, taper la feuille de consignes destinée aux élèves, taper la grille d’évaluation que j’utiliserai, réserver la salle info sur l’ENT (Espace Numérique de Travail) de l’établissement.
J’ai aussi préparé leur test final: créer des exercices de grammaire, retrouver le vocabulaire abordé pendant l’unité, mettre en page le test, créer un barème adapté et pratique.

Temps de travail: 2h

Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire – 3 novembre

Mes années collège n’ont pas été faciles. Fille du directeur de l’école du village; cataloguée « intello » de par ma filiation et ma tendance à participer un peu trop souvent au goût de certains élèves (alors même que je n’avais pas des notes extraordinaires – j’ai encore relu mes bulletins de l’époque il n’y a pas longtemps); pas très sportive, dotée de « bonnes joues » depuis mon enfance…
Autant de raisons pour certains petits caïds de me brutaliser parfois, et pour un paquet d’élèves de me mettre à l’écart.
Je n’ai jamais fait partie des élèves populaires, mais je n’ai jamais non plus été grandement traumatisée par ce qu’on n’appelait pas encore à l’époque le harcèlement scolaire.

Une année, on avait appris la chanson « Si maman si » de France Gall en cours de musique. Les petits malins de ma classe prenaient plaisir à me hurler aux oreilles le couplet qui commençait par « Tous mes amis sont partis ». Je me rappelle aussi des soupirs quand j’étais choisie une énième fois par les profs pour répondre à une question ou lire quelque chose (j’étais la chouchou d’un prof de français et il ne le cachait pas, ça n’aidait pas non plus).
Je me souviens particulièrement d’un élève, très grand et plutôt musclé pour son âge, qui aimait particulièrement m’embêter. Un jour que je portais un foulard dans mes cheveux (j’affectionnais déjà le look « hippie »), il n’a rien trouvé de mieux à faire que de me l’arracher et de le jeter à la poubelle. Je l’ai récupéré, bien sûr.
Un autre jour, il m’a prise par les épaules et violemment bloquée contre les casiers sous le préau pour me faire peur. Un autre jour encore, il s’est amusé à découper l’étiquette de mon écharpe en plein cours alors qu’il était assis derrière moi.

En passant au lycée, j’étais bien soulagée de pouvoir enfin laisser ces histoires derrière moi. J’ai passé une année de seconde très paisible et j’ai enfin trouvé ma place dans ma classe. Mes années de première et terminale n’ont même pas été gâchées par l’immonde « Barracuda » qui me surnommait « Casimir » (à ce jour je n’ai toujours pas compris pourquoi) et riait de moi et de mes copines avec sa petite bande (du coup, on ne s’est pas privées de la surnommer à notre tour – Barracuda car elle s’est pointée un jour avec un ravissant gilet en sequins qui lui donnait un look très Claude François … Alexandrie, Alexandra…Barracuda – mais on avait au moins le tact de ne pas l’appeler ainsi devant elle).

Affiche non au harcèlement

Ces choses là ne m’ont pas empêchée de me construire, ni de réussir ma vie. Je crois au contraire qu’être embêtée au collège m’a forcée à m’endurcir et m’a appris à prendre du recul, à rire de tout et surtout de moi-même.

Et surtout, finalement, je remercie mes « bullies », car tous ces tracas ne m’ont rendue que plus sensible à ceux de mes élèves maintenant que j’enseigne. Je ne laisse passer aucune moquerie, insulte, mise à l’écart. Même quand c’est « pour rigoler ». J’essaie de discuter avec les élèves fragiles, de les encourager à me parler, de gagner leur confiance en prévision du jour où ils auront besoin de parler à quelqu’un. Je m’efforce de ne montrer aucune préférence ni aucun agacement envers aucun élève.

Je sais que le harcèlement est parfois sournois et qu’en voyant les élèves 3 ou 4 heures par semaine, on ne peut pas tout voir, surtout maintenant que tout cela peut aussi se passer sur internet, mais j’ai au moins l’espoir de penser que petit à petit, les choses s’améliorent pour ces élèves. Et je sais d’expérience qu’on peut s’en sortir sans séquelles (même si je reconnais que mon expérience de harcelée est bien légère).

La journée nationale contre le harcèlement scolaire se déroule cette année le 3 novembre.